Showing posts with label vie spirituelle. Show all posts
Showing posts with label vie spirituelle. Show all posts

Saturday, September 11, 2021

L’amour dans la vie quotidienne.
Saint Sophrony l’Athonite.

Saint Sophrony avec
une petite croyante
au monastère Saint Jean-Baptiste. Essex.
    Nous tous qui portons cet habit noir, soyons conscients que nous devons assimiler, assumer la vie du Christ Lui-même, Sa manière de penser, être avec Lui comme des enfants avec leur père, comme des élèves avec leur maître, capables de vivre la vie de Dieu Lui­-même. Et quand nous entrerons dans cette vie en plénitude alors, certes, ce sera la déification. Mais le critère de tout, c'est de nouveau le Christ. L'apôtre Paul dit: "Tout sera éprouvé par le feu” (1 Corinthiens 3, 13) alors, si notre parole est juste, elle ne pourra pas être détruite par le feu. Il s'agit ainsi de la vie éternelle en Dieu et non pas d'autre chose. 

Si nous portons en nous cette conscience, les petits détails de la vie quotidienne - je vous l'ai déjà dit plus d'une fois - cesseront d'agir sur nous d'une manière mortelle. Lorsque nous prions Dieu, et que notre prière franchit une certaine limite et devient véritablement immersion en Dieu, alors nous nous unissons à Lui sur le plan de notre vie.

Notre prière est l'unique voie, dans l'être même, pour l'union avec Dieu. 'Nous prononçons les paroles: "Notre Père ..." Il faut se souvenir que nous nous adressons au Père, au Père de Jésus-Christ, oui: "Notre Père", Si nous vivons ces paroles dans leur plénitude, alors cette prière ébranle tout notre être. Ainsi ces prières que nous prononçons dans les églises, pendant la liturgie, elles sont cette vie éternelle que le Seigneur nous a apportée.

Création de dieux éternels

Toutes nos relations à tout ce qui se passe, seront remplies d'une vive conscience de l'importance de chaque être humain, de l'importance de chaque geste, de l'importance de chaque rencontre avec un autre être humain. En effet, tout le processus de notre vie, en particulier durant les minutes difficiles, est le processus de la création, par Dieu, de dieux semblables à Lui.

Dans mon texte De la direction spirituelle, j'ai dit à peu près la parole suivante, - et cela doit être reçu par nous comme une parole normale, selon son sens, et non comme une expression orgueilleuse: "Le père spirituel "coopère", participe avec Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit à la création de dieux éternels ».

Qu'est-ce que je voudrais vous dire? Ce que le Seigneur dit à ses apôtres: "Si vous restez unis et dans l'amour, alors tous sauront que vous êtes mes disciples" (cf Jean 13, 35), - c'est-à­-dire du Christ. Souvenez-vous, je vous en prie, de ces paroles du Christ et faites qu'à l'intérieur de notre communauté nous nous aimions les uns les autres et que notre vie ne soit qu'une seule vie.

Essayez d'appliquer ces paroles du Christ à chacune de vos rencontres; alors le salut vous sera accordé à tous, et vous deviendrez encore capables d'aider les autres.

Mais il faut commencer à partir du fait que nous-mêmes vivons cela comme un commandement de Dieu dans un grand effort, dans les jeûnes, dans les prières, dans les afflictions, dans les maladies et ainsi de suite. Et alors nous pourrons dire à d'autres une parole sur le salut.

Recevoir la vie de Dieu sans intermédiaire

En réalité, nous devons tous recevoir la plénitude de la Révélation aussi bien au sujet -de l'homme qu'au sujet de Dieu. Maintenant, il nous semble que nous sommes excessivement loin de cela. Cela nous semble être ainsi, mais il dépend du Christ de venir et de parler avec nous, comme Il a parlé avec Luc et Cléophas sur la route d'Emmaüs.

On trouve parfois d'étranges paroles chez les Pères ... "Si quelqu'un est en Dieu, il n'a pas besoin de lire des livres." Nous recevons, dans ce cas, la vie qui vient de Dieu sans intermédiaires, sans livres, et cependant comme une réalité authentique. Je puis parler ainsi, parce qu'un exemple nous a été donné en Silouane, notre père spirituel: avant qu'il ait lu des livres, le Seigneur lui est apparu et désormais, il a vécu, à l'instar du Seigneur, toute l'humanité comme liée à lui-même.

Quand le Starets dit, écrit, prie: "Donne à tous les hommes de Te connaître par le Saint-Esprit", cela signifie qu'il existe une autre voie de connaissance, et non seulement la connaissance humaine.

En effet, le Seigneur est prêt à apparaître à tous, si nous acceptons de Lui de suivre Sa voie. Or, Il a dit: "Je suis le voie" (Jean 14, 6), - et quelle voie? Celle de la souffrance. Ainsi, dans le monde, nous allons souffrir; le Seigneur dit que nous aurons beaucoup d'afflictions et Il ajoute: "Mais ayez courage, J'ai vaincu le monde" (Jean 16,33).

 

 

 

 

Référence:

Paroles à la Communauté. Septembre 1993 .N * 13.

 

Saturday, March 20, 2021

À ma Mère.
Archimandrite Elias Morcos.

 


Archimandrite Elias avec "Sa Mère".

    Un poème écrit par Père Elias Morcos dans son enfance offert à la Mère du monde, et dédié à Mère Mariam (Zacca), à l’an 2005.

    À notre tour nous l’offrons à toutes les mères bénies de Dieu.

Saturday, January 23, 2021

La prière, victoire sur la tragédie.
Saint Sophrony l’Athonite.

 

    
    C'est dans ma jeunesse que j'ai rencontré pour la première fois la notion de tragédie. Non dans mon expérience de la vie, mais dans mes lectures. Je la concevais comme quelque chose qui se présente à l'esprit de l'homme et le captive totalement. Jadis, cet objet d'attraction s'appelait «idéal». Pour atteindre ce qu'il a saisi intuitivement, l'homme est prêt à tous les efforts, à tous les sacrifices, même jusqu'à risquer sa vie. Cependant, lorsqu'il parvient au but, une cruelle déception l'attend: la réalité ne correspond pas à ce qu'il avait entrevu. La désillusion qui s'ensuit naturellement blesse son esprit, et tout se termine par une mort douloureuse et bien souvent odieuse.

Divers idéaux se présentent aux hommes forts. Souvent, c'est la soif du pouvoir, comme ce fut le cas de Boris Godounov. Dans la lutte pour réaliser sa secrète ambition, suivant l'exemple de ses nombreux prédécesseurs au cours des âges, il n'hésita pas à verser le sang. Mais lorsqu'il arriva à ses fins, il réalisa qu'il n'avait pas obtenu ce qu'il espérait : «je suis parvenu au pouvoir suprême, mais mon âme ne connaît pas le bonheur».

Saturday, December 26, 2020

l'incarnation est le fondement de notre vie spirituelle.
Saint Sophrony l’Athonite.

 

Saint Sophrony L'Athonite
Artiste inconnu - tiré du site Roumain
ICOANA - Mănăstirea Essex
    A l’origine de la vie chrétienne se trouve le fait de l'incarnation de Dieu. C'est dans notre chair, créée par Lui, qu'Il a manifesté sa perfection d'avant les siècles. Nous disposons, grâce à cela, d'un critère concret nous permettant de mesurer à quel point nous nous sommes éloignés de Lui ou, au contraire, de combien nous nous rapprochons de Son Être éternel. Quand nous Lui ressemblons par les mouvements intérieurs de notre cœur, par notre manière de penser et nos réaction à l’égard de tout ce qui nous arrive sur le plan terrestre, nous Lui devenons semblables aussi dans sa divinité. C’est décrit avec une clarté suffisante dans les Évangile, et l'expérience de la vie en Christ est exposée dans les épîtres des apôtres. Ses commandements sont la Lumière incréée ; en Elle, Il se révèle « tel qu'Il est »  (1 Jn 3, 2).

Saturday, March 7, 2020

“Oui, nous sommes son image”.
Saint Sophrony l’Athonite.


 
.Le Christ Réssuscité
 Saint Sophrony, c. 1980
Durant les premières années de ma conversion au Christ, l’insondable bonté de Dieu me jeta “cruellement” dans l’infini, en me faisant sentir mon insuffisance, ma kénose, mon “néant”. Grâce à ce don, mon cœur se purifia de la blessure mortelle de l’orgueil et devint capable, dans l’amour et la paix, de contempler Dieu, de recevoir de Lui une vie nouvelle, incorruptible.
Tout ce qui est absurde et terrible sur la scène mondiale, tout ce qui est banal et fastidieux dans la vie quotidienne des hommes, constitue un tableau contradictoire mais néanmoins grandiose. Tout, le noble comme le mesquin, se reflète d'une manière ou d'une autre en chacun de nous. À partir d'innombrables contrastes -le mal et le bien, les ténèbres et la lumière, la tristesse et la joie, la folie et la sagesse, l'amour et la haine, la faiblesse et la force, la construction et la destruction, la naissance et la mort -, se forme une vision globale de l'Être. Soumis à d'innombrables tourments et outrages, L'homme est bafoué; sa dignité est foulée aux pieds. Devant ce spectacle, l'âme est au désespoir. Et subitement, les paroles du Christ: «Un homme est né dans le monde », lui parviennent dans leur signification éternelle, éternelle même pour Dieu. Et, sous l'effet de cette joie, elle oublie toutes les maladies et afflictions du passé.

Saturday, March 23, 2019

“Marie, Mère de Dieu”.
Bertrand Vergeley*.


         
Très Sainte Mère de Dieu
 sauve-nous
On se pose toujours la question de la place de la femme dans le Christianisme. C’est vrai qu’il y a beaucoup à faire. La société Chrétienne a été marquée par le patriarcat, la masculinité, et la femme a été souvent dominée surtout dans le monde méditerranéen et derrière le Christianisme on peut dire que la culture méditerranéenne a été plus forte que la culture Chrétienne alors que c’est l’inverse qui aurait d
û avoir lieu. Surtout ce qui très ennuyeux c’est d’apercevoir qu’en ayant ce rapport dominateur sur la femme le Christianisme n’est pas à l’hauteur du Christianisme lui-même parce que ce qui apparaît dans le Christianisme c’est un message totalement libérateur à l’égard de la femme.
         Je vois trois éléments fondamentaux dans la signification de Marie.
Premièrement il y a quelque chose de totalement nouveau dans l’inconscient de l’humanité. Jusqu’à présent il était dit que la chute venait dans l’humanité de la femme. C’est Ève qui avait séduit Adam et qui était responsable de la chute de celui-ci et par la femme venait la chute de l’humanité. La femme a été dans quelque sorte maudite, elle était pécheresse et elle était responsable de la condition humaine. Ce qui est tout à fait nouveau à l’intérieur de l’humanité c’est l’idée que le salut vient dans le monde à partir de la femme. Je crois que c’est très important que ceci soit dit avant la naissance du Christ et avant Sa résurrection même!.
         Attention!. Marie est très importante!. Nous apercevons que le Christ prend toute Sa signification parce que Marie existe. Quelle est la signification de Marie?. C’est la sortie de la malédiction; Non seulement les femmes ne sont pas maudites mais toute l’humanité n’est pas maudite, et c’est le deuxième élément : Dieu peut venir de l’intérieur de l’humanité, le salut peut devenir de l’intérieur de l’humanité. Il est remarquable que dans la construction symbolique il y a une cohérence,. on pourrait dire que si Marie n’existait pas il faudrait l’inventer!.
         Dès la naissance du Christ, le salut est là. Le Sauveur ce n’est pas simplement le Christ qui vient et qui sauve, le salut c’est tout un ensemble. Toute l’humanité est concernée par le salut. Toute la féminité, toute la culture, est marquée de la malédiction, on n’arrête pas de vivre dans la malédiction. La preuve de la malédiction est le discours existentialiste, qui dit que si vous pensez qu’il y a un salut dans le monde vous ne pouvez jamais vous en tirer, dans la condition de l’humanité il n’y a pas de salut!. Pourquoi?. Parce que fondamentalement l’humanité est maudite et pourquoi l’humanité est maudite?. Si vous dites aux hommes qu’il y a un salut ils vont être paresseux, ils ne vont rien faire, ils font se laisser faire, et pour agir il faut qu’il n’y ait pas de salut!. Ce qui signifie que les hommes sont paresseux,  ils sont bêtes, ils ne font rien, et donc il ne faut pas dire qu’il y a de salut pour les hommes parce que c’est ça qui sauve. Qu’est ce que c’est que ce discours?. C’est un discours de malédiction. Fondamentalement les hommes sont paresseux et pour bousculer la paresse il faut absolument supprimer le salut.
         Or qu’est ce qui est dit au Christianisme?. C’est exactement l’inverse!.
      Premièrement, le salut est possible. Deuxièmement, si vous donnez le salut à l’humanité, les hommes ne vont pas du tout être paresseux, au contraire ils vont en faire un très bon usage. Troisièmement les femmes, ne sont plus les responsables du malheur de l’humanité.
         Le féminin de l’humanité n’est pas responsable. Il est la réceptivité, qui n’est pas du tout la passivité, par contre elle est une chose extraordinaire!. C’est la même chose que l’expérience de l’invisible. L’expérience de l’invisible c’est le fait de dire qu’il y ait une vie dans l’invisible. Mais Ce qui se passe dans le ventre de la femme c’est exactement la même chose que la vie dans l’invisible!.
         Dans le ventre de la femme il se passe des choses énormes, c’est le laboratoire de l’humanité, vous ne le voyez pas mais c’est là que ça se passe!. L’invisible est le laboratoire de l’humanité. Ça permet de comprendre ici la virginité de Marie.
        À propos de la virginité de Marie on est complètement dans la myopie totale d’une manière assez grossière. On dit : “Oh non, ce n’est pas possible! une vierge ne peut pas devenir mère!.” Bien un jour, j’écoutais Annique de Souzenelle et tout d’un coup j’ai eu cette intuition : “il n’y as qu’une vierge qui peut devenir mère!”. Pour devenir mère, il faut être vierge!. Toutes les femmes qui sont devenus mères étaient vierges et ont vécu l’expérience de la virginité. Ce qui veut dire que pour être mère, il faut être dans la radicale nouveauté!.
        La virginité de Marie veut dire qu’Elle est radicalement neuve, il y a quelque chose en Elle qui est radicalement neuf, pour accueillir quelque chose de radicalement neuf.
      
Marie la Mère de l'humanité.
Au 4ème siècle il y a eu une controverse extrêmement intéressante développée par Saint Cyril d’Alexandrie, et qui reposait sur la question : Comment faut-il appeler Marie?.  Est-ce qu’Elle est la mère de Jésus?. Ou la mère de Dieu?. Saint Cyril a décidé de l’appeler la mère de Dieu!. Ce qui est ahurissant!. Normalement une femme ne peut pas être la mère de Dieu, puisque c’est Dieu qui a créé Marie, et ce n’est pas Marie qui crée Dieu. Dons lorsqu’on dit Marie mère de Dieu, est ce qu’on ne provoque pas une inversion terrible qui ferait de Marie la créatrice de Dieu?!. Et on serait dans une espèce de folie!. Mais c’est exactement l’inverse qui se passe. Si on dit Marie est mère de Jésus et non pas mère de Dieu, tout le mystère du Christ s’écroule. Ce n’était pas la peine que le Christ vienne, étant donné que son mystère s’écroule. Marie mère de Jésus ça veut dire Marie est la mère d’un être humain, c’est une femme comme une autre. Marie n’est pas la mère d’un être humain, Marie est la Mère de l’humanité et en ce sens Elle est la Mère de Dieu, Elle est la Mère de tout, c’est d’Elle que tout vient. Pourquoi?. Parce qu’elle est porteuse d’un mystère qui dépasse l’humanité et qui est la sortie de la malédiction, la sortie de la chute, qui constitue le salut. Marie est l’incarnation du fait que le salut est possible dans le monde, le salut peut tellement rentrer dans le monde, il n’est pas parachuté de l’extérieur par les armées célestes, il vient de l’intérieur d’une femme à l’intérieur de l’humanité. Là on est devant une chose absolument prodigieuse!. Et ça permet de comprendre que Marie est la Mère de l’anthropologie, de tous les hommes. Se relier à Marie c’est se relier à la possibilité du salut pour l’humanité, et ça se traduit par le “Oui” que dit Marie à Dieu quand Il lui demande de porter en Elle le Christ.
         Qu’est ce qui est tout à fait extraordinaire à partir de Marie?. C’est qu’il se dit des choses dans l’histoire de l’humanité qui n’avaient jamais été dites, et qui permettent de libérer totalement l’humanité de la malédiction, les femmes de la malédiction, mais également la culture, l’esprit, la manière d’envisager les choses. Les hommes ne se rendent pas compte de ce dont ils sont porteurs. Ça permet de comprendre ici ce qui serait nécessaire pour vivre une libération de la femme dans notre monde.
         Quand une femme porte un enfant dans son ventre, elle ne porte pas seulement son enfant, elle porte l’enfance, la nouveauté de l’humanité, elle porte le salut humain, il y a ici une extension totale de la notion de naissance et de grossesse. Et cela va être mis en relation avec ces passages de l’Évangile où le Christ dit : “Attention, quand vous faites ça, vous faites quelque chose de très grand dans le Royaume des Cieux”, ce qui signifie qu’il y a toujours une extension ontologique de ce qu’on fait. Quand on agit sur un plan humain d’une manière ontologique, de tout son être, on agit en même temps sur le plan céleste, c’est cette relation entre les deux qui fait ce que l’on est!.

       
Bertrand Vergely.
* Bertrand Vergely, philosophe et théologien orthodoxe enseigne dans des cadres différents: classes préparatoires, Sciences-Po et institut Saint-Serge. Il a publié, des manuels dans la collection Essentiels philosophie et des ouvrages de réflexion grand public, notamment en 2018, “Obscures lumières - La révolution interdite”.



        

           Référence :
         Texte choisi de la conférence de Bertrand Vergeley “Marie, Mère de Dieu”, le 5 Novembre 2018, dans sa sixième série de conférences « L’éthique du salut ».
https://vimeo.com/300011573

Saturday, February 23, 2019

“Le moment favorable”.
Hiéromoine Macaire de Simonos Pétra.



 
Hiéromoine Macaire
 de Simonos Pétra.
Pénétrons, frères, la puissance du mystère, car le fils prodigue revient de son péché vers le foyer paternel. Le Père très bon vient à sa rencontre pour l'embrasser, il lui fait don à nouveau des signes de sa propre gloire et en immolant le veau gras, il lui prépare au ciel un mystique banquet, afin que nous menions une vie digne du Sacrificateur, le Père, Ami des hommes, et du glorieux Sacrifice, le Sauveur de nos âmes.
Chaque confession ressemble à la conversion du fils prodigue, célébrée chaque année avant le Carême, qui est la période par excellence du repentir, le «moment favorable» pour revenir vers le Père et avoir accès au Paradis. Le fidèle devrait approcher le prêtre avec joie et exultation du cœur, comme s'il voyait le Père qui vient au-devant de lui en lui ouvrant les bras.
« Repentez-vous, car le Royaume des cieux est proche» (Mt 3, 2). Ainsi le Christ commença-t-il sa prédication, comme saint Jean le Précurseur; à la différence cependant que saint Jean-Baptiste préparait le terrain en prêchant le repentir comme condition préalable pour recevoir le Sauveur, tan­dis que le Christ inaugurait, par sa présence sur la terre, la venue du Royaume et le Salut, non plus comme attente, mais comme une réalité tangible. C'est la raison pour laquelle le Précurseur n'a pas fait de miracles, alors que Jésus, depuis le début de son ministère et durant toute sa vie terrestre, a accompli des «signes» qui témoignaient de la venue en Lui du Royaume. Il est lui-même à la fois le Royaume et le Souverain, et Il nous a ouvert la possibilité de participer à ce Royaume, qui est présence de Dieu en nous. Mais la condition pour avoir accès à ce Royaume reste la même: le repentir. 

Saturday, January 19, 2019

La mémoire, un don de Dieu.
Père Alexandre Schmemann.


Le Père Alexandre Schmemann (né le 13 Septembre 1921 à Revel en Estonie, mort le 13 Décembre 1983 à Crestwood, NY, États-Unis) est l’un des plus importants théologiens Orthodoxes du XXe siècle.
Le Père Alexandre Schmemann
Sur la mémoire, ce don mystérieux qui n'est propre qu'à l'homme, on a écrit des milliers d'ouvrages, des points de vue les plus divers. Il serait impossible même d'en énumérer les explications et les théories proposées. Ce ne serait d'ailleurs pas d'une grande utilité, car, malgré tous ces efforts pour comprendre et expliquer le sens et le mécanisme de la mémoire, le charisme de celle-ci reste en fin de compte inexplicable, mystérieux, voire ambigu.
Une chose est certaine: la mémoire est la faculté qu'a l'homme de “ressusciter le passé”, d'en garder la connaissance. C'est justement de cette faculté que l'on peut dire qu'elle est ambiguë. En effet, d'une part, ne consiste-t-elle pas à faire revivre réellement le passé, à me faire voir quelqu'un depuis longtemps défunt, à percevoir de nouveau les détails mêmes du matin où je l'ai rencontré pour la première ou pour la dernière fois, et à me permettre en quelque sorte de « récupérer» ma vie?. Mais, d'autre part, le passé ne ressuscite-t-il pas précisément en tant que tel, c'est-à-dire sans retour, et la connaissance qu'en offre la mémoire n'est-elle pas en même temps la conscience de ce que ce passé est absent du présent? D'où la tristesse qui accompagne le souvenir. En dernière analyse, la mémoire n'est qu'une connaissance de la mort, propre à l'homme seul; il sait que “la mort et le temps règnent sur la terre”, Aussi le don de la mémoire est-il ambigu. Par elle, l'homme ressuscite le passé et, ensemble, il perçoit le fractionnement de sa vie: “tourbillonnant, elle disparaît dans la nuit”. Il saisit la nature fragmentaire et irréitérable du temps, où tôt ou tard, la mémoire elle-même s'estompe, vacille et s'éteint; et la mort s'installe.

Saturday, January 5, 2019

La Lumière du monde.
Le Père confesseur Nicolae Steinhardt*.


Apparaissant aux hommes comme une aurore porteuse de lumière,
Tu viens maintenant du désert vers les eaux du Jourdain, Roi du soleil, pour y incliner la tête...(Service Liturgique)

Le texte évangélique du saint Apôtre Matthieu (Mt 4, 12- 17) est, en vérité, l'un des plus terrifiants du Nouveau Testament, si ce n'est le plus terrifiant. Pourquoi ?. Parce qu'on nous parle de la venue du Christ dans le monde, autrement dit dans le monde actif, dans le monde des hasards et des événements, de la vie quotidienne, en plein tourment de la vie adulte. Le nourrisson de l'étable, l'enfant qui étonnait les sages du temple, cède maintenant le pas au jeune homme qui assume sa mission et affronte l'immanent. Le texte évangélique nous Le montre aussi comme « une grande lumière », comme « la lumière qui sest levée », tout comme le Prologue du saint Apôtre et Évangéliste Jean. La merveilleuse nouvelle n'est plus promesse, mais accomplissement, début réel, acte. Jésus a trente ans. La Loi et la Tradition lui permettent de prêcher et de prophétiser. L’aurore s'est faite matin, et le matin s’est fait midi fertile au centuple ... Et où voit-Il le jour? Dans la «Galilée des Nations », la contrée qui tire son nom du mot hébraïque "galil" qui signifie agglomération, bariolage, Babylonie. Qu’est-ce que cela veut dire ?. Que le Christ est venu pour tous les hommes, sans exception, pas seulement pour les juifs. Il est venu pour toutes les nations et pour toute l'humanité.

Saturday, November 24, 2018

La visite du groupe “Nepsis”*.


Entre le 20-21 Novembre 2018, à l’occasion de la fête de “l’Entrée au temple de la Très Sainte Mère de Dieu”, la communauté de la famille de la Sainte Trinité, Douma, Liban, eu la bénédiction de recevoir un groupe de jeunes de l’association “Nepsis”, de l’archidiocèse Roumaine en France, accompagné par son Éminence Monseigneur Joseph (Pop),  son Excellence Monseigneur Marc (Alric), et Père Julian (Nistia), au cadre de leur pèlerinage au Liban.
Avec grande joie nous désirons partager avec nos lecteurs les paroles bénies qui ont été prononcées à l’occasion.
Son Éminence Monseigneur Joseph 
au réfectoire du Monastère 
Saint Jean-Baptiste avec les membres 
de la communauté et les membres du groupe “Nepsis”.

Saturday, November 17, 2018

Le silence de la pensée.
Saint Paissij Velitchkovsky.


Saint Paissij Velitchkovsky.
Dieu créa Adam et l'établit dans le paradis pour le cultiver et le préserver. Par culture, saint Nil le Sinaïte entend la prière; par préserver, l'indispensable garde, après la prière, contre les mauvaises pensées. Le bienheureux Dorothée dit aussi de même, que le premier homme, établi par Dieu dans le paradis, demeurait dans la prière. Il ressort de ces témoignages que Dieu, ayant créé l'homme à son image et à sa ressemblance, l'établit dans un paradis de douceur pour cultiver les jardins de l'immortalité, c'est-à-dire les pensées divines les plus pures, les plus élevées et parfaites, comme l'écrit saint Grégoire le Théologien. Cela signifie qu'il fût prescrit au premier homme, pur d'âme et de cœur, de demeurer dans la grâce de la prière contemplative, célébrée par la seule intelligence, c'est-à-dire, dans la plus douce contemplation de Dieu et comme une activité paradisiaque, de la garder courageusement comme la prunelle de l'œil, afin qu'elle ne quitte jamais l'âme et le cœur.

Saturday, October 27, 2018

“Mon fils, donne-moi ton Cœur” (Pr23 : 26).
Père Boris Bobrinskoy.


Père Boris 

Bobrinskoy.
Père Boris Bobriskoy, est l’un des grands Théologiens Orthodoxes des XXe et XXIe siècles, auteur de plusieurs ouvrages de théologie et de liturgie.

Il est clair que dans le cadre de l'anthropologie de la Bible et de l'Église, la prière et la vie intérieure engagent l'homme tout entier. Les psaumes offrent des exemples saisissants du rôle du corps dans la prière: Mon âme a soif de toi, mon Dieu; après toi languit ma chair, Comme une terre sèche, altérée, sans eau.” La chair a part à cette soif, à cette recherche de Dieu. Lorsque Dieu rencontre l'homme et le pénètre, il le pénètre dans sa totalité, le transfigure dans son âme et dans son corps.
Dans une telle perspective, l'origine de la vie spirituelle ne sera plus l'Intellect, l'intelligence de l'homme ne sera plus considérée comme le lieu de la connaissance et de l'union avec Dieu, comme dans les mystiques platoniciennes de contemplation de l'Intelligible par ce qui dans l'homme lui est le plus semblable, c'est-à-dire l'intelligence. Dans les Écritures et l'expérience traditionnelle de l'Église, ce n'est plus l'intelligence, mais le cœur de l'homme qui est l'organe moteur par excellence de toute la vie,

Saturday, September 22, 2018

Sainte Thècle, modèle de virginité.
Saint Ambroise.


Saint Ambroise.

“Thècle” apprenne les vierges à s’offrir en sacrifice. Fuyant les liens du mariage, condamnée par la fureur de son fiancé, elle changea la nature même des bêtes féroces qui respectèrent sa virginité. Livrée aux bêtes, celle qui se dérobait aux regards mêmes des hommes s’exposait à un lion féroce, et contraignit ceux qui jetaient sur elle des regards impudiques à les changer en regards de pudeur.
On put voir, en effet, la bête se coucher à terre, lui lécher les pieds, témoignant en un langage muet qu'elle ne pouvait porter atteinte au corps sacré d'une vierge. Le fauve donc se prosternait devant sa proie, et, oublieux de son propre naturel, revêtait la nature que les hommes avaient rejetée.

Saturday, August 11, 2018

La Reine des saints et leur Mère.
Chez Saint Siméon le nouveau théologien.

Archevêque Basile Krivochéine.



Mgr. Basile (Krivochéine)

Mgr. Basile (Krivochéine), archevêque de Bruxelles et de Belgique, est l’un des prélats les plus marquants dans l’histoire de l’Eglise Orthodoxe Russe de la deuxième moitié du XX siècle. Ayant prononcé ses vœux – sous le nom de Basile – au monastère russe de Saint-Panteleimon, il y demeurera vingt-deux ans, dans l’ascèse, la prière et le travail, notamment administratif (en tant que secrétaire du monastère). Après la Seconde guerre mondiale, le contexte de la guerre civile grecque forcera cependant des moines russes – dont Basile Krivochéine – à quitter le Mont Athos. Invité à participer au Patristic Greek Lexicon édité à Oxford par le professeur Lampe, l’ancien athonite s’installera dans cette ville, où il sera ordonné prêtre. Basile Krivochéine est appelé à l’épiscopat dans l’Église russe. Sacré à Londres le 14 juin 1959, il sera d’abord évêque auxiliaire à Paris, puis archevêque diocésain à Bruxelles à partir de 1960.L’archevêque Basile contribuera au développement de l’Église orthodoxe en Belgique et aux Pays-Bas. Le 22 septembre 1985, l’archevêque Basile Krivochéine sera rappelé à Dieu durant un voyage en Russie, et inhumé dans sa ville natale. Traduites en différentes langues, plusieurs fois rééditées, ses œuvres constituent, jusqu’à nos jours, une référence dans le domaine des études patristiques notamment.

Saint Syméon le nouveau Théologien, au commencement de sa conversion à Dieu « récitait avec instance des prières à la Mère de Dieu, avec gémissements et larmes». Et son grand zèle dans les prières « attira la compassion de la Mère du Christ et par son intercession se rendit la Divinité propice, et fit descendre jusqu'à lui la grâce de l'Esprit. Et celle-ci (à son tour) lui donna la force d'atteindre jusqu'au Ciel et le fit digne de voir la lumière que tous désirent et que bien peu obtiennent. »
Saint Syméon raconte que, tourmenté par le chagrin de ne plus voir le Christ et du désir de Le voir encore une fois,
“un jour que j'étais allé saluer l'image immaculée de celle qui T'a enfanté et que je me prosternai devant elle, Toi-même, avant que je me fusse relevé, au-dedans de mon cœur misérable, comme si Tu l'avais transformé en lumière, Tu Te fis voir; et alors je connus que je Te possédai consciemment en moi. »

Saturday, May 19, 2018

“ Prenez donc garde à vous-mêmes”.
Archimandrite Touma Bitar.


En ce jour, la Sainte Église célèbre la mémoire des saints-Pères, qui se sont réunis au premier concile œcuménique, à la ville de Nice près de la ville de Constantinople. Le saint empereur Constantin faisait appel à ce concile nommé “le grand”, après avoir concerté avec certains évêques proches de lui, en ce qui concerne un enseignement étrange, que l’Église appelle “hérésie”. Ils se sont délibéré pour mettre fin au trouble causé par l’hérésie attribuée à un archimandrite Égyptien, nommé “Arius”.    
L’empereur  Constantin a pris l’initiative de convoquer les évêques de l’univers, c'est-à-dire le monde Byzantin, dans le temps. Il a voulu s’informer d’eux de l’enseignement officiel de l’Église Sainte Catholique Apostolique.

Saturday, May 5, 2018

“Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés…”
Père Lev Gillet


Père Lev Gillet : Prêtre et théologien orthodoxe français. Catholique de naissance, il fut reçu dans l’Église orthodoxe à Paris en mai 1928, par Mgr Euloge, responsable de l'Église russe en Europe occidentale, et en novembre 1928 il devient le recteur de la paroisse Sainte-Geneviève-de-Paris, la première paroisse orthodoxe francophone. En 1938, il quitte Paris pour s’installer à Londres, dans un premier temps dans le cadre d'un foyer s'occupant de jeunes réfugiés juifs et judéo-chrétiens de l'Europe centrale puis dans le cadre du Fellowship of Saint Alban and Saint Sergius, organisme œcuménique voué au rapprochement entre l’Église anglicane et l’Église orthodoxe. Il reste en Angleterre jusqu’à son décès, faisant de nombreux voyages à l’étranger, notamment en France, en Suisse et au Liban, où il participe au renouveau spirituel de l’orthodoxie antiochienne.

Jésus, pour s'arrêter au puits de Jacob, choisit l'heure où il sait que la Samaritaine viendra puiser son eau de chaque jour. C'est dans nos besoins quotidiens, - dans nos corvées quotidiennes, - que Jésus veut nous rencontrer.
« Va et appelle ton mari ... » Jésus était en train d'exposer à la Samaritaine le mystère de l'eau vive. Et voici qu'il interrompt son discours d'une manière en quelque sorte abrupte et met la Samaritaine en demeure de révéler la plaie de sa vie. La Samaritaine se borne à un demi-aveu balbutiant. Jésus va lui-même préciser les choses. Il met le doigt sur la plaie et la débride: les cinq maris successifs, le concubinage présent...

Saturday, April 7, 2018

La fête…l'allégresse du cœur.
Archimandrite Aimilianos Simonopetra.


Portrait de L'Archimandrite Aimilianos
offert par Père Elisée, higoumène de Simonopetra, 
au monastère Saint Jean-Baptiste, Liban.
L’Archimandrite Aimilianos (Vafeidis) fut l’higoumène du monastère Simonopetra  dès 1974 jusqu’à 2000. Comme jeune enthousiasmé, il avait l’intention de devenir un missionnaire à l’étranger, mais en tant que moine il a vécu une expérience spirituelle spéciale qui l’a transformé en un moine enflammé de zèle pour la rénovation de la vie monastique. C’est ainsi que fut renouvelée la vie monastique au monastère Simonopetra au Mont-Athos, et fondé le monastère de L’Annonciation à Ormilia en Grèce.


         Je suis très heureux de pouvoir, enfin, vous réunir après les jours si denses que nous venons de vivre. Nous pouvons dire que ce temps liturgique, celui de la Grande Semaine, fut le plus beau de l'année.
Les fêtes sont passées. En nous résonnent encore les hymnes de la Passion, auxquelles ont succédé les cris jaillissant de nos cœurs devant le Seigneur ressuscité. Personne ne peut nier que nos fêtes étaient splendides. C'était les fêtes de Dieu, et non de ces fêtes dont on dit: «Je méprise vos fêtes», car elles ont rendu nos cœurs joyeux dans le Christ Jésus.

Saturday, March 24, 2018

…De la Mère de Dieu.
Métropolite Antonios El-Souri.



      Nous sommes incapables de parler du Seigneur Dieu, sans parler de la Vierge Marie. Tout œuvre dans l’Église du Christ est accompli avec la présence de la Vierge. Du moment où la Vierge a accepté que le Fils de Dieu demeure en elle, et prendre corps dans son sein, elle est devenue liée à Lui existentiellement, et elle sera toujours présente avec Lui. Par son amour maternel, elle a embrassé Le Dieu incarné, et par cet amour même, elle embrasse l’univers tout entier.
L’éloge est présenté à Dieu exclusivement, aucun humain ne le déserve. La Vierge Marie est toujours liée à son Fils, ce qui apparaît clairement dans les icônes où elle se trouve toujours représentée avec l’enfant Jésus, dès lors la Vierge Marie et le mystère de l’incarnation se trouvent inséparables, et ce mystère est le sujet principal de L’hymne Acathiste :
“ Un ange, parmi ceux qui se tiennent devant la Gloire du Seigneur, fut envoyé dire à la Mère de Dieu : " Réjouis-toi ”…

Saturday, January 20, 2018

La moniale Deborah, la “Staritsa”.

La vie monastique n'est pas toujours vécue entre les murs d'un monastère et le don de startchestvo (la guidance spirituelle), étant un charisme de l'esprit qui ne dépend pas d'une ordination, il peut se manifester chez une femme comme chez un homme.
 Dans une maison comme les autres d'une petite ville de Sibérie, vit la moniale Deborah. Percluse de maladies - tachycardie, migraines, maladie des poumons, des reins -, elle a déjà été miraculée une fois. Alors qu'on l'emmenait pour se faire opérer d'un kyste du cerveau et qu'elle souffrait horriblement, elle a senti qu'il se produisait quelque chose: elle a eu encore plus mal, puis la douleur est passée. A l'hôpital, les examens médicaux prouvèrent qu'il n'y avait plus de kyste, mais comme une cicatrice fraîche.
Elle se rappelle le long chemin qui l'a menée au monachisme. Voilà son récit: «Les fondements de l'orthodoxie ont été posés pour toujours dans mon âme enfantine. Mes parents étaient orthodoxes. Ma mère était sans instruction, mon père avait étudié au séminaire. On ne s'asseyait jamais à table sans avoir prié.

Saturday, November 11, 2017

Évènements dans la vie de Saint Jean le Miséricordieux.


 c’est peut-être Jésus Christ, mon Sauveur, qui vient à dessein de me tenter.

Après l’invasion des Perses pour Jérusalem, une grande multitude de gens se réfugiaient à Alexandrie. Un de ces réfugiés, voyant quelle était l’extrême compassion du saint patriarche Jean, pour les pauvres, résolut de le tenter et un jour qu’il allait à l’hôpital visiter les malades ainsi qu’il faisait toujours deux ou trois fois la semaine, il l’aborda avec un méchant habit et lui dit qu’il le priait d’avoir pitié de lui qui était un pauvre réfugié. Sur quoi, le saint commanda à son aumônier de lui donner six pièces d’argent. Les ayant reçues, il alla changer d’habit et vint par un autre côté à la rencontre du bienheureux patriarche et se jetant à ses pieds lui dit : Je suis dans le plus grand besoin, ayez pitié de moi, je vous en supplie. Alors, il commanda à son aumônier de lui donner six pièces d’or. Quand il fut un peu éloigné, cet aumônier dit à l’oreille du saint : Je suis sûr, Monseigneur, que celui-ci a reçu deux fois l’aumône. Mais il fit semblant de ne pas l’entendre et cet homme étant revenu pour la troisième fois demander encore, l’aumônier tira doucement le saint patriarche pour lui faire remarquer que c’était le même et alors, cet ami de Dieu qui était véritablement miséricordieux et charitable lui dit : Donnez-lui douze pièces d’or, car c’est peut-être Jésus Christ, mon Sauveur, qui vient à dessein de me tenter.