Saturday, July 24, 2021

«Dieu est Amour»
Mère Mariam Zacca.

 



Saint Sophrony avec Mère Mariam
 au monastère Saint-Jean Baptiste.
Essex. 1990 .

J'ai connu quelqu'un qui a résidé plu­sieurs mois au Monastère de Saint-Jean Baptiste, dans l'Essex. À la suite d'un entre­tien avec un des Pères spirituels du Monas­tère, au sujet de l'essence de Dieu, il adressa au Seigneur, le soir, avant de dormir, une prière d'attente ardente, Lui demandant avec la liberté et la simplicité des enfants: «Sei­gneur, je voudrais mieux te connaître ... Quelle est ton essence, ô mon Dieu», Puis il dormit. Quand il se réveilla, le lendemain de bon matin, pour prier, étant encore au lit, la lumière de la Sainte Trinité brilla devant ses yeux et il fut pris dans cette nuée lumi­neuse qui lui apparaissait de sa fenêtre et en­tendit une voix qui lui répondait en francais :

«Dieu est Amour»

Puis il se rendormit. Il s'endormit du­rant plus d'une heure et se réveilla porté par cette nuée lumineuse, divine, et y demeura durant quatre jours ... buvant, mangeant, priant, écrivant, marchant et traduisant, en­vahi par une joie divine sans pareille ... Il re­gardait les visages des Pères, des moines et des moniales avec amour et leur murmurait son amour en silence ... Et durant la prière quotidienne, à l'église –la «Prière de Jésus» -, ses larmes se répandirent pour son pé­ché, et pour toute la création afin qu'elle re­vienne à Dieu. Durant les Divines Liturgies, il vit la lumière de la Trinité enveloppant le saint autel et le prêtre de la semaine. Il vit la lumière resplendir au ciel, autour du monas­tère et dans les bâtiments ... Il vit la lumière le séparer de la matière. La nourriture devint pour lui légère, sans consistance, et tout le reste se voila. Toute ténèbre, toute épaisseur, tout l'univers autour de lui s'illuminait de la lumière de la Trinité, et il sentit des vagues, semblables aux vagues de la mer, sortir des étendues autour de lui et venir en lui, puis sortir de lui dans l'univers; des vagues d'af­fliction sur toute créature et tout homme au monde. Il sut de tout son être comment il est accordé à l 'homme, par la grâce divine répandue d'En-Haut de par Dieu, de deve­nir un vase vide pour le Saint-Esprit; de de­venir une demeure de l'Esprit, de la lumière, de l'Amour Divin. Et, au sein de cette expé­rience divine, il se demanda ; «Comment vivais-je, moi, avant cette expérience de la connaissance de Dieu Sans cette aspiration et cet amour » Et il sut, en son cœur, après cette expérience, que sa prière ct sa vie entière s'adonneraient à acquérir cette lumière ct ce feu de l'amour divin et qu'il prierait, avec saint Silouane l'Athonite, afin que le monde entier connaisse cette joie éternelle ...

Il y a, frères bien-aimés, deux manières de vivre dans le monde: la vie avec Dieu et la vie hors de Dieu. Et chacune des deux manières a ses degrés. La vie avec Dieu, et en Dieu, est la vie de l'Évangile, la vie de l'Esprit divin répandu sur le monde, création nouvelle. Et cette vie est celle que le Seigneur Jésus-Christ nous envoya après son ascension auprès du Père céleste, son Père, par l'intermédiaire du Paraclet, l'Esprit de vérité, le Saint-Esprit. Et cette vie,  est la vie du Fils, le Verbe incarné, parvenue jusqu'à nous par son premier commandement - «, Aime Dieu, ô homme, de tout ton cœur, de tout ton esprit, de toute ton âme » - et par son deuxième commandement - « Aime ton prochain comme toi- même » (Matthieu 22,37 ; Marc 12,30; Luc 10,27/ Matthieu 22,39; Marc,12, 31) Et, au terme de sa vie sur terre, le Seigneur Jésus-Christ donna son dernier commandement à ceux qui le suivi­rent, à ses disciples, en disant: «Aimez vous les uns les autres, afin que le monde croie que vous êtes mes disciples» (Jean 13,34- 35). En ces trois commandements réside le plérome, la plénitude de la grâce, la vraie vie qui était en Dieu depuis l'Éternité et qu'Il donna au monde, à toute âme humaine qui s'engage, sincèrement et fidèlement, à vivre en ce monde les commandements du Seigneur.

Mère Mariam à Essex lors
 de la traduction du livre
“Saint Silouane l'Athonite”.

    Et l'homme tomba hors du paradis de la gloire divine où il fut créé. Il tomba hors de la grâce divine qui l'ombrageait, il tomba du sein du Père avec Ève, sa compagne. Et sa chute fut terrible. Et, à l'instant même, l'en­vahit une ténèbre épaisse, la ténèbre de la haine, de la tristesse, de la peur de l'autre; et l'homme dériva vers son ego profond, fut entraîné vers le fond de la mort, parce qu'il s'éloigna de Dieu et, par suite, de son pro­chain. Il fut séparé de son Dieu, de son sem­blable, de sa compagne, de son prochain; et alors entra en vigueur la loi de l'égoïsme, la loi des ténèbres et des ombres de la mort où séjournera l'homme.

    «Non pas nous, Seigneur, non pas nous, mais ton nom, glorifie-le»(Psaume 115,1). «Qu'est- ce que donc l'homme pour que tu songes à lui et le fils de l'homme pour que tu en prennes soin »(Psaume 8, 4-5).

Et la gloire du Verbe divin en la vie hu­maine est la dignité unique qui resta à l'homme après sa chute du sein du Père, du Paradis, car Dieu nous laissa au monde, comme un Caïn nouveau, marqué au front de la marque du meurtre de son frère Abel.

Et cette marque restera l'empreinte de la chute d'Adam hors du Paradis et le signe de sa haine pour son frère l'homme, et une dou­leur qui aiguillonne le cœur de celui qui prie afin d'effacer, par ses larmes, ses supplications, ses soupirs et l'exaucement de Dieu, la lai­deur de son action première.

“Élève-nous, Seigneur, vers Ta Résurrection, autant que possible, dans cet univers que Tu as créé, et répands sur nous Ton Esprit Saint afin que nous voyons la vie par Lui et que nous t’aimions, et que nous aimions notre frère, et nos ennemis. Amen”.

 

 

 

Référence :

Buisson Ardent. Cahiers Saint-Silouane l’Athonite. L’amour des ennemis. Le Sel de la Terre.

Saturday, July 17, 2021

“Voir le Fils”.
Archimandrite Touma Bitar.


Au Nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, maintenant et toujours et dans les siècles des siècles. Amen!

Archimandrite Touma (Bitar).
        Dans l'évangile, le Seigneur nous dit: «celui qui voit le Fils et croit en Lui aura la Vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour ».

« Celui qui voit le Fils» ; voir le Fils signifie que nous sommes dans une disposition d'esprit (une disposition intérieure) qui nous permet de Le voir.

La première chose (nécessaire), c'est que nous ayons des yeux pour voir .

Les yeux avec lesquels nous devons voir sont ceux du cœur.

Il nous faut voir le Seigneur éternellement, il nous faut sentir la présence du Seigneur, il nous faut sentir le poids de la Parole de Dieu.

Et cela n'est possible que parce que la vérité a été implantée en chacun de nous. Le Seigneur nous a créés à Son image et à Sa ressemblance et, donc, il y a quelque chose en nous qui crie vers le Seigneur, il y a quelque chose en nous qui est toujours prêt à répondre à Son appel.

C'est pour cela que « voir le Fils» signifie Le reconnaître, parce que le Seigneur est déjà, en un sens, en nous-mêmes, à l'intérieur de nous-mêmes depuis le début de la création.

Mais, à cause du péché de l'homme (de la chute), de même que le cœur de l'homme s'est enténébré, de même la perception de la vérité s'est obscurcie en nous.

Cependant, si nous cherchons ardemment la vérité, nous reconnaîtrons avec certitude le Seigneur dans ses paroles.

Oui, c'est Celui qui vient pour le salut du genre humain, c'est Celui qui vient pour me sauver, je l'attends depuis longtemps et le voici qui vient !

Voici donc notre première réaction à la Vérité, si nous aimons profondément la Vérité, si nous avons vraiment le désir de chercher la Vérité.

La seconde est de croire en Lui

Croire en Lui signifie abandonner notre vie entre Ses mains. Croire en Lui signifie que nous ne nous considérons plus comme nous appartenant à nous-­mêmes, mais comme Lui appartenant. C’est Lui le Maître, c’est Lui le Seigneur, c'est Lui le Créateur. Nous avons été créés par Lui; Son souffle est en nous et notre souffle Lui appartient. C'est pour cela que croire en Lui signifie s'abandonner à Lui.

Ainsi, si nous voyons le Fils et croyons en Lui, nous aurons la Vie éternelle.

Nous aurons la Vie, car Il est la Vie. Nous l'obtiendrons, nous posséderons la Résurrection car Il est la Résurrection et la Vie.

À moins que nos cœurs ne s'élèvent vers Lui, à moins que nous ne nous mouvions vers Lui de tout notre cœur, nous ne pourrons jamais aimer. Parce qu'Il nous appelle à Lui donner, à Lui abandonner tout notre cœur: « Mon Fils, donne-moi ton cœur! ».

Et c'est pour cela qu'il est impossible d'aimer quelqu'un d'autre ou quelque chose d'autre plus que le Seigneur; autrement, nous Le trahirions, car l'amour ne peut être segmenté, l'amour ne peut être divisé.

Nous devons donner tout notre cœur au Seigneur et en même temps, dans la lumière de cet amour pour Dieu, nous donner entièrement aux autres.

C'est dans ce sens que notre ennemi est le monde. C'est pour cela que la Parole nous dit que nous ne pouvons aimer à la fois Dieu et le monde. Le mot « monde» ne signifie pas les gens, parce que le Christ est mort pour sauver le monde, afin que nous soyons tous sauvés.

Ainsi, marchant sur Ses pas, nous devons aussi aimer les autres et donner notre vie à tous, pour devenir une extension de son amour, du Corps de l'Église, de l'Église.

Nous devons donc aimer les autres, mais nous devons haïr ce qui est dou­teux dans leurs âmes, ce qui y a été insufflé et qui est le monde.

Le monde, c'est le souffle du serpent, le souffle du démon, le souffle du malin qui a été insufflé dans Adam et Ève.

Dans ce contexte, nous ne devrions jamais oublier que notre Seigneur a été crucifié dans ce monde. Il a été rejeté de ce monde et nous, Ses serviteurs, nous ne pouvons avoir une meilleure destinée dans ce monde. Nous ne pouvons faire la paix avec ce monde parce que le monde ne veut pas de nous. Ce monde a rejeté notre Seigneur et ne peut que nous rejeter. C'est pour cela que le monde est notre ennemi.

Et l'ennemi qui est en nous, c'est notre péché, notre vieil homme. Le monde et notre vieil homme sont de même nature. C'est pour cela que le Seigneur dit que nous devons nous haïr nous-mêmes: nous devons haïr notre péché, nous devons haïr le vieil homme qui est en nous et, dans le même temps, haïr le monde, le souffle du malin. Et cela, nous devons le faire de tout notre cœur, totalement.

Dans une de ses lettres à ses bien-aimés, saint Joseph l'Hésychaste dit la chose suivante: « Ô mon fils, prends garde! Le monde gît dans le mal de nos jours et le malin y sème les graines de ses mauvaises pensées afin d'affaiblir l'ardeur de nos âmes. "

Plus nous sommes impliqués dans ce monde, plus nous perdons cette ardeur de nos âmes pour le Seigneur. C'est de cela que, sans cesse, nous devons nous méfier. Nous sommes dans le monde, mais nous ne devrions pas être du monde. Nous devrions dépendre le moins possible des choses de ce monde, juste le minimum. Et saint Paul dit que si avons la nourriture et le vêtement, cela devrait nous suffire. Nous n'avons pas besoin de grand chose dans ce monde, nous n'avons pas besoin de beaucoup de livres dans ce monde, nous n'avons pas besoin de beaucoup de privilèges dans ce monde, car tout cela nous éloigne de notre Seigneur.

L'ardeur de nos âmes s'éteint. C'est pour cela que nous n'appartenons pas au monde: nous ne sommes pas de ce monde. Notre monde se trouve aux cieux et nous cherchons cette cité divine, la divine Sion qui nous est donnée par notre Seigneur.

Et ici-bas, ainsi que nos Pères nous l'ont toujours enseigné, nous sommes en exil. Nous avançons, nous cherchons la Face du Seigneur: « C'est ta Face, ô Dieu, que je cherche ... ».

Ce que nous désirons vraiment, pour satisfaire notre cœur, c'est d'être dans Son amour, d'être dans Son cœur, d'être en Lui, et cela, nous devons y parvenir.

“cherchons la Face du Seigneur”
 
Ici-bas, nous devons nous préparer, chaque jour de notre vie. Notre vie n'a de sens que si nous cherchons la grâce de Dieu, si nous cherchons la Face du Seigneur; autrement, nous perdons nos vies, nous perdons notre temps car, tôt ou tard, nous quitterons ce monde et nous n'emporterons rien avec nous, à part ce que nous avons donné dans ce monde, à part la seule chose nécessaire, qui est notre Seigneur.

Dans le même sens, saint Joseph l'Hésychaste disait: « Éloigne-toi des mauvaises pensées comme du feu. Le monde est trompeur, plein d'iniquités, une Babylone pour Adam et pour nous aussi. Béni est celui qui pratique le commerce de la piété! Il est en exil et atteint le port du Salut, car il se réjouira pour l'éternité avec les saints et il régnera avec le Christ pour l'éternité ».

Donc, nous devons diminuer notre contact avec le monde. Nous devons apprendre à restreindre notre contact avec le monde pour pouvoir croître dans la connaissance de Dieu, dans Son amour, dans Sa parole, dans Son esprit.          

Et tout cela, nous devons le faire, comme Je l’ai déjà dit, de tout notre cœur, chaque jour et à chaque instant de notre vie.

Chaque instant est très précieux, car de chaque instant notre salut peut dépendre.

Nous avons toujours à incliner nos têtes devant le Seigneur dans le repentir; nous devons incliner notre tête avec le Seigneur, qui est notre vie elle-­même, notre but, maintenant et toujours.

Si nous agissons ainsi, alors nous avons été créés pour un bon dessein.Dans le cas contraire, nous perdrions tout simplement le sens de notre vie et nous perdrions notre âme, notre vie elle-même.

Si nous prenons conscience de tout cela, nous avons à le vivre, jour après jour.

Et chacun d'entre nous devrait savoir que ce n'est pas la paix qui lui a été donnée dans ce monde, mais des tribulations, que ce n'est pas le paradis qui lui a été donné, mais la croix. II doit prendre sa croix. Il doit marcher sur les pas du Christ jusqu'à la fin et, comme nos Pères nous l'enseignent, ne jamais s'arrêter, jusqu'à sa mort.

Alors il sera comblé et reposera dans le sein du Seigneur.

Là et alors seulement il comprendra, là et alors il contemplera le Seigneur et sera dans la Lumière éternelle.

Amen!

 

 

Référence :

Bulletin. Association Saint Silouane l’Athonite. N*12. Traduit de l’anglais par Valérie Cagnat.

Prononcée lors d'une Divine Liturgie célébrée dans l'église double du Monastère Saint­Jean- Baptiste, devant une assistance composée des moines et moniales de la Famille de la Sainte- Trinité (Monastères Saint- Jean- Baptiste et Saint-Silouane) de Douma El- Batroun et des pèlerins de l'Association Saint-Silouane l'Athonite en séjour à Douma.

 

Saturday, July 10, 2021

The age of apostasy.
Saint Sophrony the Athonite.

 The Old Rectory

3rd June 1966

 

Saint Sophrony the Athonite.
(Camil Rahal 2019)
        My idea is very simple: if Christ is not God, then we are in darkness, and to justify God in the face of the endless suffering of the world is, quite simply, impossible. If Christ is indeed God, as we believe without any doubt, then no one can accuse God for the evil which takes place in the world. Thanks to the manifestation of Christ we now know God as He is, and we love Him, and we do not lay any blame on Him; Christ has shown us God, who is “Light, in whom there is no darkness”.

We confess at the same time though that Christ is true Man. The Father, seeing such a Man, gave to Him, to that Man, a place in eternity at His right hand, which means He is perfectly equal to the Father. If men are such, then God the Father does not repent that He created man, as it is said in Scripture: “And God saw that the wickedness of man was great in the earth, and that every imagination of the thoughts of his heart was only evil continually, And it repented the Lord that He had made man on the earth." (Gen6: 5-7).

Perhaps human evil is felt particularly vividly in our time, because the evil appears in an organized form as never before. I am already an old man, and only in my very earliest child­hood did I gain an impression of peace and light - but from the beginning of the Russo-Japanese War!" until the present I see mankind overwhelmed by fratricidal wars, and there is as yet no brightening on the horizon; rather, on the contrary, clouds of unprecedented darkness fill the sky, ready to burst out in an apocalyptic storm. And I, notwithstanding this brutal­ity, was ready from my young years to go out into the streets and squares, like Diogenes, with a lighted lantern, to seek for a man. And when I found Christ, I rejoiced at this wonderful discovery, and I will never be able to forget this fact of world history. In essence only He, Christ, is fully a Man. We, though, pass the days of our earthly pilgrimage in striving to become like Him. A man begins to be a man when he is conscious of himself as a son of the eternal Father, and pronounces the prayer "Our Father" with this awareness. But we do not yet feel this dignity of man in its fullness, and that is why we con­tinue on the path of our development, of our upbringing in the Holy Spirit. Without Christ it is impossible to justify human­ity. Thus, Christ, simultaneously God and Man, vindicates God in front of the world, having revealed to the world the immeasurability of the Father's Love, and also justifies hu­manity in front of God, having revealed to God the Father the true face of man. This justification is not juridical, as many Christians tend to think, but of a completely different order.

"Thanks to the manifestation
 of Christ we now
know God as He is"
     After so many years of almost ceaseless mutual slaughter of people on earth - moreover, slaughter which everyone ceaselessly justifies to himself - it is impossible to expect peo­ple to dare to look up to the height of Heaven and call upon God as their Father.'?" In our epoch the 'bestiality' of the world has taken on fearful proportions. The abandonment of Christian faith in its true essence has become an omnipresent phenomenon. This age can be called the age of apostasy (falling away). And I am afraid that only an increase of calamity will now be able to bring people to their 'critical point' of suffering, which will call forth in them once again the capacity to apprehend their original nature in the image of God. Then peace will reign upon earth. But as long as peo­ple are like the wildest animals, we cannot expect peace on earth. All the reinforcing of diplomacy and other such ways and means of eliminating the calamity of war will be in vain. What is vital above all is man's rebirth in spirit; what is needed is the humanisation of this bestial world.

You will understand that what I have written are only small hints, a few fragments, of the picture presented to my mind - especially during the hours of the Liturgy, which is the eternal sacrifice for the sins of the whole world. Of course, I would like to speak with you for hours about these vital mat­ters. But there we are, in our days these hours are not given to us.

So, I am wishing you, Maria, all the very best, and among other things I wish you good health. Nonetheless more than all else and before all else, I wish you inspiration from on High for a worthy passage through your old age, which is al­ready upon you, which is our most blessed time on earth. Everything shallow and base fades away, naturally fades away, and the thought of another level of Being becomes un­ceasing, by virtue of the approaching solemn moment of our departure from here. We do not yet know what will happen to us, because our experience is not enough for us to judge this fully. We only know that Christ is risen, and that we will all rise in Him. When these things will be brought to comple­tion, as the actualization of God's creative work, then with more credibility than from scientific proof everything in the cosmos will be revealed to all of us, and our knowledge will acquire that absolute character towards which man's spirit strives in every epoch.

May God keep you, blessing all your days. I send every­one my fervent love.

Your Sophrony.

 

 

 

Reference:

Letters to His Family. Archimandrite Sophrony(Sakharov).(2015).

Saturday, July 3, 2021

Tout embrasser par l'amour du cœur.
Saint Sophrony l’Athonite.

 

Saint Sophrony l’Athonite.
     Comme Dieu est infini, inconditionné à tous les points de vue, ainsi, nous aussi, nous sommes appelés à cette vie: à tout embrasser par notre cœur dans l'amour. L'homme ne parvient pas immédiatement à ce résultat mais progressivement, et néanmoins il manifeste en quelque sorte le sens de notre existence: toute notre vie est dans la prière liturgique et dans la prière hypostatique (personnelle). Ce qui fait obstacle à la prière, ce sont les passions par lesquelles nous sommes possédés en tant qu'héritiers d'Adam déchu.

Depuis des siècles, on connaissait une pratique ascétique appelée "oraison mentale", centrée sur l'invocation du Nom de Jésus-Christ. Cette forme de prière, en protégeant le cœur de toute mauvaise pensée, le prépare à recevoir l'amour du Seigneur qui embrasse tout. Il existe une forme de vie ascétique _ l'érémitisme - particulièrement propice à l' hésychia et à la prière par le Nom de Jésus. Notre monastère cherche d'autres voies de salut, mais, de cela, on ne peut parler qu'avec grande circonspection. Grande est en effet la réalisation spirituelle à laquelle parviennent les ascètes hésychastes, car elle purifie le cœur; elle conduit notre cœur jusqu'à la pureté et alors il voit Dieu tel qu'Il est (cf Matthieu 5, 8).

Saturday, June 26, 2021

The Gift of tongues.
Metropolitan Athanasios of Limmasol.

 

Metropolitan Athanasios
 of Limmasol.

    We are talking about the gift of tongues, about this gift that the Holy Apostles had on the day of Pentecost. When the Apostle Peter spoke in Hebrew and the people each heard their own language beneath it. To be precise, the Apostle did not speak Arabic, Greek, Hebrew and so on but spoke in his own language and the others heard the language they knew.

It had an automatic translation, that is, from the Holy Spirit!

This gift is a gift of the Holy Spirit - speaking in tongues - which is often repeated in the Church in the lives of the Saints. We have many instances of Saints who spoke by the grace of the Holy Spirit, and those who listened to them listened in their own languages.

We are told, as an example, in the lives of the Saints: Someone went to Anthony the Great, who did not know Greek but only knew Egyptian - ancient Arabic that is. And the Saint spoke Egyptian while the other listened to Greek. At the same time the other spoke Greek and the Saint heard in Egyptian.

This is what happened in our own days to the modern Saints: With Elder Porphyrios and Elder Paisios. Someone I know who we had in our monastery [at Mount Athos], a French teacher, had come and wanted to go and see Elder Paisios one night. But the abbot did not allow the hieromonk who knew French very well to accompany the French professor because we were having a vigil in the monastery, it was a great feast, and the abbot decided that the monk could not be absent from the vigil and accompany the French teacher to Elder Paisios. And so he did not go with him, but said to him:

"Sorry, I cannot accompany you."

The French professor, however, wanted to leave the next morning and went alone to Elder Paisios and stayed the night there with him. In the morning he came back to the monastery.

When the vigil was over we asked him:

"How did it go?" "Very well!" he said.

"Did you find Elder Paisios?" "I found him!"

"How did you communicate?" "We talked all night," he said.

"But how did you talk?" I asked him. "He doesn't even know English! So in what language did you talk?"

Saint Paissios
 the Athonite

"I do not know," he said, "in what language. I talked to Elder Paisios all night and he answered my questions and told me many spiritual things and I stayed with him for the night."

The man was being very serious, of course, but he did not understand, perhaps, what was happening in the cell that night.

Then I went down to the hut of Elder Paisios and asked the Saint himself. I asked him:

"Elder, was the Frenchman here last night?"

"Yes," he said, "he drove me crazy all night! He was here and we talked all night!" I said to him: "Well, what language did you speak?"

"French!" he said to me. "Elder, do you know French?!"

"How can I not know? I know!" he said. I said to him: "Why not tell me a word?" "Thak you," he said.

Not even "Thank you" but "Thak you"! He made it into a joke, of course; he was also a funny man!

And that was his French!

Nevertheless, the Saint spoke Greek, of course, but the Frenchman listened to French. The Frenchman spoke French and the Elder listened to Greek.

The Holy Spirit did the automatic translation, with the Elder's prayer, of course! We cannot do it. If we try to do it we will hear Gibberish, we will not understand anything!

Saint Sophrony the Athonite.
     Even though this miracle seems so dazzling, it is not a Great Miracle! The miracle is not great, the charisma is not great. The greatest gift, says the Apostle Paul, is love!

Because, he says, if I can speak all the languages of men, that is, know all the languages of men, and I can speak them either with the gift of the Holy Spirit or with my mind, even if I could speak the language of the angels - which is an even greater gift - "If I do not have love, it is like a resounding gong or a clanging cymbal."

They once asked Elder Sophrony when he was a monk on Mount Athos - Father Theophylaktos told us this, who was with us in New Skete and was the monk who went to the cave of the Holy Trinity and liturgized with the Elder, that is, he chanted during the liturgy while Saint Sophrony of Essex liturgized. He once asked him:

"Elder, how many languages do you know?"

He (Saint Sophrony) spoke Russian, French, English, Greek.

The Elder said to him: "Father Theophylaktos, if it is possible for a person to forget even his mother tongue!"

That is, if it is possible for man to forget his mother tongue, he ought to speak the language of love and the language of God!


 



Reference:

https://www.johnsanidopoulos.com/2021/06/the-gift-of-tongues-is-repeated-in.html

Saturday, June 19, 2021

“The Spirit breathes where it wants”
Hieromonk Nikolai Sakharov.

 

Saint Sophrony with Father Touma(Bitar)
and Mother Mariam (Zacca). Essex. 1990
    In a farewell conversation with His disciples, the Lord told them: “You are already cleansed through the word that I have preached to you” ( John 15: 3 ). In the tradition of the Church, examples are not uncommon when the word of the saints brought down grace on those who heard, conveying to their souls a state of holiness. It is enough to remember how through the word “through the prayer (of the Apostles) the place where they were gathered was shaken, and all were filled with the Holy Spirit” ( Acts 4:31 ). Other examples: Motovilov's conversation with St. Seraphim of Sarov , when Motovilov tasted the sweetness of the Divine Spirit and saw the saint in the Uncreated Light, or the meeting of St. Silouan with Father Stratonikos, when, during the conversation, Father Stratonikos experienced the state of which St. Silouan . David Balfour experienced a similar blessed visit in 1932 when he spoke with Father Sophrony in the library of St. Panteleimon Monastery. Saint Sophrony, who spent his days in fiery crying, at that moment, through simple words of conversation, conveyed his condition to Balfour. Balfour experienced it as a touch of immortal breath. A reverent feeling filled his whole soul, so that he could not say anything and was even afraid to move. All temporary has disappeared and lost its interest. In this silent amazement, Balfour spent about twenty minutes.

Saint Sophrony’s conversations with the brethren were a conductor of the grace-filled state in which the elder himself lived after many years of monastic exploit: “We must focus all our attention only on not sinning either before God, or before man, or before things,” he said. “And from this life, simple, but focused on this commandment, the state of a person is born, when he is already connected with God in his being”. It is difficult to find words to express this state, which surpasses everything earthly. “We cannot express it in words,” he said in one of the conversations, “we must “get” into this state. And we “get” into this state if God Himself comes and dwells in us - inconceivably great and powerful and inconceivably humble”.

Neither any external structures, nor a charter, nor an administrative structure, namely the word entrusted to him by God through St. Silouan, he put in the foundation of the monastery. For “the word of the Lord is that which abides forever” ( 1Pet.1: 25 ), even when “heaven and earth pass away” ( Mark13:31 ). The word given from God is the most powerful instrument in the economy of salvation. His eternal power is foretold to us through the prophet Isaiah: "My word, which proceeds from My mouth ... does not return to Me in vain, but does what I please, and does what I sent him for" ( Isaiah 55: 10-11 ).

The Lord commanded the witnesses of His word: “... do not worry in advance what to say to you, and do not ponder; but what will be given to you at that hour, speak, for you will not speak, but the Holy Spirit ” ( Mark13:11 ). Therefore, the elder almost never prepared for the conversation: he did not make preliminary sketches, did not study theological books. Each time he went to a meeting with his brothers with fear and faith, prayerfully standing with his mind before the Throne of God, in the hope that God will not despise his prayers and “the Holy Spirit will teach ... and at that hour what should be said” ( Lk12:12). He was brought in half-sick, half-blind, bent over by old age. In the church, the brethren were already waiting for him, sometimes also the pilgrim guests - in an atmosphere of the exceptional importance of the gathering in the name of Christ. The elder began with a prayer, asking God to give him a soul-saving word for all those present. In prayer singing, everyone called on Him, "Who is everywhere and fulfill everything." Then the elder usually addressed the Mother of God with the following words:

"The Most Holy Lady Theotokos, who gave birth to all the saints the most holy Word, now give us a word that is pleasing to the Lord."

Then - to the saints, the patrons of the monastery:

"Great Saint John, Forerunner of the Lord and friend of Christ God, look mercifully on us, who have entrusted you with our life and salvation, and save us ... from every spiritual calamity, so that we also inherit the Kingdom of Christ our God."

"Reverend our Father, Holy Silouan, accept us, your children, and pray to God that we accept your teaching, which is the teaching of God Himself the Holy Spirit."

Saint Sophrony with the community in Essex. 1990.

        Then there was a long pause: Saint Sophrony gathered himself together with his whole being and intensely sought the word in prayer. The old man's heart, refined by many years of crying and suffering, like a kind of sensitive radar, was able to catch the most subtle movements of the Spirit, which “breathes where it wants” ( John3: 8 ). And as if entering this stream of eternity, he began to speak, suddenly transforming and revealing himself in the regal majesty of his word. He spoke slowly, as if from the heart. At the same time, Saint Sophrony always behaved very naturally and simply. There was nothing pompous, untrue, anything resembling an oracle, uttering prophecy in him. Not. Just a rush of fervent prayer to God, through his word, he captured those present and lifted their consciousness into that world where divine realities are contemplated as evidence.

He himself once confessed to the brethren in one of the conversations when there were no guests: “All the time I tried to explain to you how the word of God is born in the heart of man. This process is not so simple and at the same time very clear and clean. How can we hear the voice of our God in our hearts instead of our passionate voice? With all the inexpressibly great task facing us, our life still remains very simple in its outward manifestation. When our conversations took place in the presence of guests, although my word is addressed to the newcomers, I noticed that in a strange way the prayer about the word includes them. And to turn them on means: to change the content of the conversation. So when we are alone, then I hold on more freely, despite the unequal reactions and states of the people present here. However, even in this case we do not free ourselves at all and do not achieve the unity of the word, since our conversation cannot touch the same level for all of us, for we all stand at different levels ” .

Saint Sophrony’s thirst was great to see his pupils possessing "all the fullness of God" (see Col.2: 9 ). Therefore, he was always interested in the question: how to pass on this inner experience to future generations, is it possible to "educate" the gift of speech in others? Thus, he was filled with special hope by the words of the Old Testament, which spoke of the "schools of the prophets" (see 1 Kings 19:20 ; 4 Kings 2: 3 ). He told the brethren: “We all need to develop to hear the unmistakable voice of the Lord. This feat requires constant, day and night, inner attention. And so life, simple in appearance, will be constant communion with God "... He believed that the doors to the highest measures of perfection are not closed to anyone - through deep repentance, the fire of which devours everything unclean in a person, through constant abiding with the mind in God, the Lord, by His grace, can come and accomplish everything Himself.

Saint Soprony’s word had a special "taste." Like any spiritual word born in God, it still possessed the same quality: a person intuitively recognized the Truth in it. It cannot be faked by replacing the truth with external erudition or a mask of piety. A person hears the voice of eternity with his heart, not by way of logical evidence, but through an internal evidence that defies any analysis. Having gone through an intelligent feat - a long, painful and arduous one - with his thought the old man was already relentlessly abiding in God and formlessly contemplated His majesty and wisdom, pouring into the stream of His eternal will. The memory of God sanctified every action and word, and it was already impossible for the elder not to “love Him with all my heart and with all my mind, and with all my soul, and with all my strength” ( Mark 12:33 ).

The ancient Athos tradition commands young monks to live with the thought: "All the elders are holy, but my elder is holier." It was not difficult for those who were with Saint Sophrony to adhere to this rule. However, its simplicity and accessibility hid its true dimensions from the intelligent gaze of contemporaries, the comprehension of which gradually comes only now, when he is not with us.

In a personal copy of his latest book, "Seeing God as He Is," after his death, they found a note carefully enclosed by him, addressed to all those whom his soul loved so much:

It is not easy for me to leave you, but I have some hope that through my writings, you can see my “deep” heart and my thought, which I tried to express through my word, born in fervent prayer with tears. Whenever you wish, you can, while reading, be with me in the plan of the Spirit, especially if this kind of fellowship is also supported by joint prayer.

 

 

 

 

 

Reference:

Sophrony (Sakharov), archimandrite. Spiritual conversations. Volume 1. - Ed. 1st. - St. John the Baptist Monastery, Publishing House "Palomnik", 2003. - 384 p.