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Saturday, October 9, 2021

La Coupe du Christ.
Saint Sophrony l’Athonite.

   

Saint Sophrony l'Athonite.
        Comment pouvons-nous croire en la possibilité de la résurrection pour l'éternité après notre mort corporelle
.?!.

Tout ce que nous expérimentons semble justement lié au corps, à ses perceptions. Même notre pensée, nous la ressentons comme la mise en mouvement d'une certaine énergie dans la matérialité de notre cerveau et de notre cœur ... Il n'a pas été donné à tous d'expérimenter des états de prière durant lesquels l'esprit se libère des liens matériels, des conditions liées au temps et à l'espace. Tant s'en faut! Nous croyons à la science avec une foi naïve, malgré toute son évidente relativité. En vue d'en assimiler les derniers développements, nous y consacrons, dès nos jeunes années, des décennies d'efforts laborieux. Dans ses formes les plus élevées, l'ascèse spirituelle va incomparablement plus loin que toute science purement humaine, mais, dans ses phases initiales, elle est simple et même joyeuse. Essayons d'expliquer les vraies raisons pour lesquelles les hommes refusent de suivre le Christ-Vérité.

« Si l'on prêche que le Christ est ressuscité des morts, comment certains parmi vous peuvent-ils dire qu'il n'y a pas de résurrection des morts? S'il n'y a pas de résurrection des morts, le Christ non plus n'est pas ressuscité. Mais si le Christ n'est pas ressuscité, vide alors est notre message, vide aussi notre foi. [ ... ] Si c'est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. [ ... ]Et nous-­mêmes, pourquoi à toute heure nous exposer au péril? Je [Paul] meurs chaque jour [ ... ]» (l Co 15).

«Jacques et Jean, fils de Zébédée, s'avancent vers lui et lui disent: " Maître, nous voulons que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander. " Il leur dit: «Que voulez-vous que je fasse pour vous? -Accorde-nous, lui dirent-ils, de siéger dans ta gloire, l'un à ta droite et l'autre à ta gauche. " Jésus leur dit: «Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire et être baptisés du baptême dont je vais être baptisé?» Ils lui dirent: «Nous le pouvons. »Jésus leur dit: «La coupe que je vais boire, vous la boirez, et le baptême dont je vais être baptisé, vous en serez baptisés.» (Mc 10,35-39.)

«Jésus s'éloigna des disciples d'environ un jet de pierre et, fléchissant les genoux, il priait en disant: «Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe! [ ... ] Entré en agonie, Il priait de façon plus instante, et sa sueur devint comme de grosses gouttes de sang qui tombaient à terre» (voir Lc 22, 42-44).

Qu'est en réalité cette coupe du Christ? La profondeur de ce mystère nous échappe. Dans notre tentative de suivre le Christ sur la voie de l'observance de ses commandements, nous buvons constamment et inévitablement une certaine coupe, mais ce que le Christ avait en vue, ce qu'Il vivait en « cette heure », nous ne le comprenons pas en plénitude. Néanmoins, quelque chose d'analogue se passe nécessairement avec nous, comme Il l'a dit lui-même: «La coupe que je vais boire, vous la boirez» (Mc 10,39). Mystérieuse est la coupe du Christ, mais notre coupe, elle aussi, est cachée aux regards extérieurs.

«Si c'est pour cette vie seulement que nous avons mis notre espoir dans le Christ, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes », a dit Paul (l Co 15, 19). Oui, il en est vraiment ainsi. Mais qu'est-ce qui rend ce bienheureux malheur inexplicable pour ceux qui n'ont pas suivi le Christ? C'est que, en général, les réactions de l'esprit chrétien à l'égard de tout ce qui se produit autour de nous sont profondément différentes, souvent même diamétralement opposées à l'esprit des enfants de ce monde. En voici un exemple: au moment où Judas sortit de la « chambre haute» de Sion pour livrer le Seigneur à la crucifixion, Celui­ ci ouvrit la bouche et dit: «Maintenant le Fils de l'homme a été glorifié» (Jn l3, 31). Ainsi, tout au long de l'Évangile, nous constatons que le Seigneur vivait sur un autre plan de l'être, où toutes les réactions passent par un autre prisme. Celui donc qui veut pénétrer, ne serait-ce qu'en partie, dans ce mystère, doit prendre sa croix sur ses épaules et se livrer totalement à la volonté du Père céleste. Il n'y a pas d'autre voie. Pourtant, il n'y a pas de fin au conflit entre le Christ et ce monde.

Fresques des Saints Silouan
 et Sophrony de la Chapelle
 de Saint Sophrony l'Athonite.
Centre Arvo Part. Estonia.


    J'ai un profond amour et une grande reconnaissance envers l'Église au sein de laquelle me furent révélées la divinité de Jésus-Christ et l'image de l'humanité qu'Il a manifestée. Nous pouvons voir cette «image» sous une forme réduite dans la vie de certaines personnes ainsi qu'en nous-mêmes. Sa pleine réalisation appartient au siècle à venir, mais les quelques rares approches qui en ont été faites au cours de l'histoire suscitent l'enthousiasme de l'âme. Il est normal pour un chrétien d'avoir soif de ressembler au Seigneur, d'embrasser le monde de son amour comme Il l'a embrassé, comme Lui de n'être l'ennemi de personne, c'est-à-dire d'être libre de l'enfer de la haine envers qui que ce soit, conformément à son commandement: « Eh bien moi je vous dis: aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour vos persécuteurs et pour ceux qui vous maltraitent, afin de devenir fils de votre Père qui est aux cieux! » (Mt 5,44-45). Mais aucun des fils d'Adam ne peut vivre ainsi par ses propres forces; ce n'est possible que si l'Esprit saint remplit le cœur de l'homme de l'éternité qui lui est inhérente. Sans l'Esprit saint, nous ne pouvons pas garder les commandements de Dieu (voir Jn 15,5).

Oui, la soif de devenir semblable au Seigneur est naturelle au chrétien. Néanmoins, «étroite est la porte et resserré le chemin» qui mène à cette vie divine (voir Mt 7, 14). Pour se débarrasser de sa peau devenue inutile, le serpent se faufile par d'étroites fissures; de même, pour être sauvé, chaque homme doit franchir une «porte» très étroite pour se dépouiller de sa «tunique de peau», revêtue lors de la chute (On 3, 21). 45

Celui qui a dit: «je suis la Voie, la Vérité et la Vie» (Jn 14, 6) nous a donné ce commandement: « Si quelqu'un vient à moi sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et jusqu'à sa propre vie, il ne peut être mon disciple» (Lc 14, 26-27.33; voir Mt 16,24-25). D'après ces paroles, nous pouvons comprendre «qui Il est» (voir Mt 21, 10). Si, dans son être hypostatique, le Christ n'était pas consubstantiel au Père et au Saint-Esprit, s'Il n'était pas Dieu manifesté dans notre chair, mais seulement un être créé semblable à nous, alors, ontologiquement, de telles idées n'auraient pu Lui venir à l'esprit. Si Jésus-Christ n'était pas Dieu par sa nature même, il suffirait de ce seul commandement pour que tout le reste de l'Évangile devienne irrecevable. L'expérience bimillénaire de l'Église confirme invariablement «le grand mystère de la piété: Dieu a été manifesté dans la chair, justifié dans l'Esprit» (voir 1 Tm 3, 16). Accueilli par la foi comme Seigneur éternel, le Christ devient pour nous la Lumière de l'éternité; ses paroles nous ouvrent les inconcevables profondeurs de l'Etre divin.

Dans son insondable Providence, Dieu m'a permis de m'asseoir aux pieds de Silouane, cet élu du Très-Haut. Observant pieusement son ascèse, écoutant avidement ses enseignements, j'ai pu moi, le plus insignifiant des hommes, entrevoir le mystère de la voie qui mène au salut. Arrivé à la fin de mes jours, je me risque à dévoiler ce qu'auparavant je dissimulais jalousement. Je parle ici dans les limites et les formes dans lesquelles il me fut donné de vivre Dieu.

 

 

 

Référence :

La prière expérience de l’éternité. Archimandrite Sophrony(Sacharov). Cerf,
collection Le sel de la terre. Spiritualité , (novembre 1998).

 

 

 

Saturday, September 11, 2021

L’amour dans la vie quotidienne.
Saint Sophrony l’Athonite.

Saint Sophrony avec
une petite croyante
au monastère Saint Jean-Baptiste. Essex.
    Nous tous qui portons cet habit noir, soyons conscients que nous devons assimiler, assumer la vie du Christ Lui-même, Sa manière de penser, être avec Lui comme des enfants avec leur père, comme des élèves avec leur maître, capables de vivre la vie de Dieu Lui­-même. Et quand nous entrerons dans cette vie en plénitude alors, certes, ce sera la déification. Mais le critère de tout, c'est de nouveau le Christ. L'apôtre Paul dit: "Tout sera éprouvé par le feu” (1 Corinthiens 3, 13) alors, si notre parole est juste, elle ne pourra pas être détruite par le feu. Il s'agit ainsi de la vie éternelle en Dieu et non pas d'autre chose. 

Si nous portons en nous cette conscience, les petits détails de la vie quotidienne - je vous l'ai déjà dit plus d'une fois - cesseront d'agir sur nous d'une manière mortelle. Lorsque nous prions Dieu, et que notre prière franchit une certaine limite et devient véritablement immersion en Dieu, alors nous nous unissons à Lui sur le plan de notre vie.

Notre prière est l'unique voie, dans l'être même, pour l'union avec Dieu. 'Nous prononçons les paroles: "Notre Père ..." Il faut se souvenir que nous nous adressons au Père, au Père de Jésus-Christ, oui: "Notre Père", Si nous vivons ces paroles dans leur plénitude, alors cette prière ébranle tout notre être. Ainsi ces prières que nous prononçons dans les églises, pendant la liturgie, elles sont cette vie éternelle que le Seigneur nous a apportée.

Création de dieux éternels

Toutes nos relations à tout ce qui se passe, seront remplies d'une vive conscience de l'importance de chaque être humain, de l'importance de chaque geste, de l'importance de chaque rencontre avec un autre être humain. En effet, tout le processus de notre vie, en particulier durant les minutes difficiles, est le processus de la création, par Dieu, de dieux semblables à Lui.

Dans mon texte De la direction spirituelle, j'ai dit à peu près la parole suivante, - et cela doit être reçu par nous comme une parole normale, selon son sens, et non comme une expression orgueilleuse: "Le père spirituel "coopère", participe avec Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit à la création de dieux éternels ».

Qu'est-ce que je voudrais vous dire? Ce que le Seigneur dit à ses apôtres: "Si vous restez unis et dans l'amour, alors tous sauront que vous êtes mes disciples" (cf Jean 13, 35), - c'est-à­-dire du Christ. Souvenez-vous, je vous en prie, de ces paroles du Christ et faites qu'à l'intérieur de notre communauté nous nous aimions les uns les autres et que notre vie ne soit qu'une seule vie.

Essayez d'appliquer ces paroles du Christ à chacune de vos rencontres; alors le salut vous sera accordé à tous, et vous deviendrez encore capables d'aider les autres.

Mais il faut commencer à partir du fait que nous-mêmes vivons cela comme un commandement de Dieu dans un grand effort, dans les jeûnes, dans les prières, dans les afflictions, dans les maladies et ainsi de suite. Et alors nous pourrons dire à d'autres une parole sur le salut.

Recevoir la vie de Dieu sans intermédiaire

En réalité, nous devons tous recevoir la plénitude de la Révélation aussi bien au sujet -de l'homme qu'au sujet de Dieu. Maintenant, il nous semble que nous sommes excessivement loin de cela. Cela nous semble être ainsi, mais il dépend du Christ de venir et de parler avec nous, comme Il a parlé avec Luc et Cléophas sur la route d'Emmaüs.

On trouve parfois d'étranges paroles chez les Pères ... "Si quelqu'un est en Dieu, il n'a pas besoin de lire des livres." Nous recevons, dans ce cas, la vie qui vient de Dieu sans intermédiaires, sans livres, et cependant comme une réalité authentique. Je puis parler ainsi, parce qu'un exemple nous a été donné en Silouane, notre père spirituel: avant qu'il ait lu des livres, le Seigneur lui est apparu et désormais, il a vécu, à l'instar du Seigneur, toute l'humanité comme liée à lui-même.

Quand le Starets dit, écrit, prie: "Donne à tous les hommes de Te connaître par le Saint-Esprit", cela signifie qu'il existe une autre voie de connaissance, et non seulement la connaissance humaine.

En effet, le Seigneur est prêt à apparaître à tous, si nous acceptons de Lui de suivre Sa voie. Or, Il a dit: "Je suis le voie" (Jean 14, 6), - et quelle voie? Celle de la souffrance. Ainsi, dans le monde, nous allons souffrir; le Seigneur dit que nous aurons beaucoup d'afflictions et Il ajoute: "Mais ayez courage, J'ai vaincu le monde" (Jean 16,33).

 

 

 

 

Référence:

Paroles à la Communauté. Septembre 1993 .N * 13.

 

Saturday, July 24, 2021

«Dieu est Amour»
Mère Mariam Zacca.

 



Saint Sophrony avec Mère Mariam
 au monastère Saint-Jean Baptiste.
Essex. 1990 .

J'ai connu quelqu'un qui a résidé plu­sieurs mois au Monastère de Saint-Jean Baptiste, dans l'Essex. À la suite d'un entre­tien avec un des Pères spirituels du Monas­tère, au sujet de l'essence de Dieu, il adressa au Seigneur, le soir, avant de dormir, une prière d'attente ardente, Lui demandant avec la liberté et la simplicité des enfants: «Sei­gneur, je voudrais mieux te connaître ... Quelle est ton essence, ô mon Dieu», Puis il dormit. Quand il se réveilla, le lendemain de bon matin, pour prier, étant encore au lit, la lumière de la Sainte Trinité brilla devant ses yeux et il fut pris dans cette nuée lumi­neuse qui lui apparaissait de sa fenêtre et en­tendit une voix qui lui répondait en francais :

«Dieu est Amour»

Puis il se rendormit. Il s'endormit du­rant plus d'une heure et se réveilla porté par cette nuée lumineuse, divine, et y demeura durant quatre jours ... buvant, mangeant, priant, écrivant, marchant et traduisant, en­vahi par une joie divine sans pareille ... Il re­gardait les visages des Pères, des moines et des moniales avec amour et leur murmurait son amour en silence ... Et durant la prière quotidienne, à l'église –la «Prière de Jésus» -, ses larmes se répandirent pour son pé­ché, et pour toute la création afin qu'elle re­vienne à Dieu. Durant les Divines Liturgies, il vit la lumière de la Trinité enveloppant le saint autel et le prêtre de la semaine. Il vit la lumière resplendir au ciel, autour du monas­tère et dans les bâtiments ... Il vit la lumière le séparer de la matière. La nourriture devint pour lui légère, sans consistance, et tout le reste se voila. Toute ténèbre, toute épaisseur, tout l'univers autour de lui s'illuminait de la lumière de la Trinité, et il sentit des vagues, semblables aux vagues de la mer, sortir des étendues autour de lui et venir en lui, puis sortir de lui dans l'univers; des vagues d'af­fliction sur toute créature et tout homme au monde. Il sut de tout son être comment il est accordé à l 'homme, par la grâce divine répandue d'En-Haut de par Dieu, de deve­nir un vase vide pour le Saint-Esprit; de de­venir une demeure de l'Esprit, de la lumière, de l'Amour Divin. Et, au sein de cette expé­rience divine, il se demanda ; «Comment vivais-je, moi, avant cette expérience de la connaissance de Dieu Sans cette aspiration et cet amour » Et il sut, en son cœur, après cette expérience, que sa prière ct sa vie entière s'adonneraient à acquérir cette lumière ct ce feu de l'amour divin et qu'il prierait, avec saint Silouane l'Athonite, afin que le monde entier connaisse cette joie éternelle ...

Il y a, frères bien-aimés, deux manières de vivre dans le monde: la vie avec Dieu et la vie hors de Dieu. Et chacune des deux manières a ses degrés. La vie avec Dieu, et en Dieu, est la vie de l'Évangile, la vie de l'Esprit divin répandu sur le monde, création nouvelle. Et cette vie est celle que le Seigneur Jésus-Christ nous envoya après son ascension auprès du Père céleste, son Père, par l'intermédiaire du Paraclet, l'Esprit de vérité, le Saint-Esprit. Et cette vie,  est la vie du Fils, le Verbe incarné, parvenue jusqu'à nous par son premier commandement - «, Aime Dieu, ô homme, de tout ton cœur, de tout ton esprit, de toute ton âme » - et par son deuxième commandement - « Aime ton prochain comme toi- même » (Matthieu 22,37 ; Marc 12,30; Luc 10,27/ Matthieu 22,39; Marc,12, 31) Et, au terme de sa vie sur terre, le Seigneur Jésus-Christ donna son dernier commandement à ceux qui le suivi­rent, à ses disciples, en disant: «Aimez vous les uns les autres, afin que le monde croie que vous êtes mes disciples» (Jean 13,34- 35). En ces trois commandements réside le plérome, la plénitude de la grâce, la vraie vie qui était en Dieu depuis l'Éternité et qu'Il donna au monde, à toute âme humaine qui s'engage, sincèrement et fidèlement, à vivre en ce monde les commandements du Seigneur.

Mère Mariam à Essex lors
 de la traduction du livre
“Saint Silouane l'Athonite”.

    Et l'homme tomba hors du paradis de la gloire divine où il fut créé. Il tomba hors de la grâce divine qui l'ombrageait, il tomba du sein du Père avec Ève, sa compagne. Et sa chute fut terrible. Et, à l'instant même, l'en­vahit une ténèbre épaisse, la ténèbre de la haine, de la tristesse, de la peur de l'autre; et l'homme dériva vers son ego profond, fut entraîné vers le fond de la mort, parce qu'il s'éloigna de Dieu et, par suite, de son pro­chain. Il fut séparé de son Dieu, de son sem­blable, de sa compagne, de son prochain; et alors entra en vigueur la loi de l'égoïsme, la loi des ténèbres et des ombres de la mort où séjournera l'homme.

    «Non pas nous, Seigneur, non pas nous, mais ton nom, glorifie-le»(Psaume 115,1). «Qu'est- ce que donc l'homme pour que tu songes à lui et le fils de l'homme pour que tu en prennes soin »(Psaume 8, 4-5).

Et la gloire du Verbe divin en la vie hu­maine est la dignité unique qui resta à l'homme après sa chute du sein du Père, du Paradis, car Dieu nous laissa au monde, comme un Caïn nouveau, marqué au front de la marque du meurtre de son frère Abel.

Et cette marque restera l'empreinte de la chute d'Adam hors du Paradis et le signe de sa haine pour son frère l'homme, et une dou­leur qui aiguillonne le cœur de celui qui prie afin d'effacer, par ses larmes, ses supplications, ses soupirs et l'exaucement de Dieu, la lai­deur de son action première.

“Élève-nous, Seigneur, vers Ta Résurrection, autant que possible, dans cet univers que Tu as créé, et répands sur nous Ton Esprit Saint afin que nous voyons la vie par Lui et que nous t’aimions, et que nous aimions notre frère, et nos ennemis. Amen”.

 

 

 

Référence :

Buisson Ardent. Cahiers Saint-Silouane l’Athonite. L’amour des ennemis. Le Sel de la Terre.

Saturday, May 22, 2021

L'Être... quel mystère merveilleux.!..
Saint Sophrony l’Athonite.

 

Archimandrite Sophrony 
Sacharov.

La prière, assurément, restaure en nous le souffle divin que «Dieu insuffla dans les narines d'Adam», si bien qu'«Adam devint une âme vivante» (voir Gn 2, 7). Régénéré par la prière, notre esprit commence à s'émerveiller devant le grand mystère de l'Être. Tel un torrent impétueux, un enthousiasme d'un genre particulier submerge notre intellect : «L'Être... quel mystère merveilleux! Comment est-il possible ?... Admirable est notre Dieu et admirable sa création.» 

Nous expérimentons le sens des paroles du Christ: « Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en surabondance » (Jn 10, 10). En surabondance! Oui, en vérité, il en est ainsi. Cette vie est paradoxale, comme l'est tout l'enseignement du Seigneur : « le suis venu jeter un feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé » (Lc 12, 49). À nous tous, descendants d'Adam, il nous est indispensable de passer à travers cette flamme céleste pour qu'elle consume les racines de nos passions mortifères, faute de quoi nous ne verrons pas ce feu se transformer en lumière d'une vie nouvelle.

En effet, dans notre état de chute, la brûlure précède l'illumination, et non l'inverse. Ainsi donc, bénissons le Seigneur aussi pour l'action consumante de son amour. Il y a encore beaucoup de choses que nous ne connaissons pas. Cependant, nous savons maintenant, fut-ce partiellement (voir 1 Co 13, 9), qu'il n'y a pas d'autre voie pour devenir « des fils de la résurrection » (Lc 20, 36), des fils de Dieu, pour régner avec l'Unique-engendré. Aussi douloureux soit le processus de notre re-création, quels que soient les tourments et parfois les agonies que Dieu nous fait traverser, tout, à la fin, sera bénit.

Saturday, May 15, 2021

“Le Christ est ressuscité”.
Archimandrite Elias Morcos.

 

Archimandrite Elias Morcos.
    “Le Christ est ressuscité” ! Ceci doit pénétrer notre vie, sinon notre foi est vaine.

La Résurrection est une réalité, une réalité quotidienne.

Pour les apôtres et les disciples, la Résurrection, c’est le Christ Qui s’est levé du tombeau et qui vit avec eux. C’est l’apparition du Christ à Marie de Magdala, aux deux disciples qui faisaient route vers Emmaüs, aux apôtres alors que les portes étaient closes, à Thomas, aux apôtres quand il a mangé avec eux du poisson et du miel…

Son apparition aux disciples après la Résurrection sous différents aspects n’est rien d’autre que le signe de la pérennité de la vie du Christ avec les chrétiens (par l’Esprit Saint) dans tous les aspects de leur vie : « voici que Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Lorsque « nous nous prosternons devant la Sainte Résurrection du Christ », en réalité nous nous prosternons devant Jésus présent parmi nous, et nous nous exclamons avec Marie de Magdala : « Rabbouni !» ; et avec les apôtres : « C’est le Seigneur » ; et avec Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

Présence timide, presque invisible… Il apparaît à Marie de Magdala « comme le jardinier », se joint aux deux disciples d’Emmaüs comme un « étranger » ; à Pierre et à ses compagnons qui pêchaient, Il apparaît de loin, depuis le rivage, et ils n’osèrent l’interpeller. Il mangea avec eux du poisson grillé et du miel… Il entra dans leur vie directement, en toute simplicité, dans les plus simples aspects de leur vie.

Saturday, May 1, 2021

Le père des moines Antiochiens.
Raymond Rizk.

 

Père Elias Morcos…


        Comme il est difficile de parler d’un père! Aux jugements pondérés se mêlent alors les émotions, les souvenirs et surtout la reconnaissance d’avoir été engendré. Aussi loin que me porte ma mémoire, à partir de ce jour béni où, dans et par le Mouvement de la Jeunesse Orthodoxe, je me suis reconverti à l’Eglise, je trouve le Père Elias intimement lié à mon cheminement spirituel, comme il l’a été pour un grand nombre d’autres, jeunes et moins jeunes.

Issu d’un milieu bourgeois de Lattakieh, très cultivé et d’une finesse intellectuelle rare, il avait été l’un des premiers à appeler, avec d’autres jeunes Lattakiotes, dont Gabriel Saadé, à la formation d’un mouvement de renouveau, au sein de l’Église d’Antioche, alors somnolente. Il fut toujours convaincu – et sa vie le prouva amplement – que ce renouveau commence par le retour à Dieu de chacun des membres de l’Eglise. Un retour qui fait sortir de soi, engage à porter sa croix et invite à un engagement existentiel. Ce mouvement, qu’il appelait Mouvement de Renaissance, devint par la suite le Mouvement de la Jeunesse Orthodoxe, officiellement fondé en 1942, quand sa vision se retrouva avec celle d’autres jeunes, Libanais cette fois, qu’il ne connaissait pas alors, Georges Khodr et Albert Laham, nourrissant le même rêve. Cette concomitance et la rencontre de ces jeunes ne fut certes pas fortuite. Elle fut l’œuvre de l’Esprit, dont la présence a tant de fois marqué la vie du Père Elias.

Saturday, March 20, 2021

À ma Mère.
Archimandrite Elias Morcos.

 


Archimandrite Elias avec "Sa Mère".

    Un poème écrit par Père Elias Morcos dans son enfance offert à la Mère du monde, et dédié à Mère Mariam (Zacca), à l’an 2005.

    À notre tour nous l’offrons à toutes les mères bénies de Dieu.

Saturday, March 13, 2021

Le Grand Carême.
Saint Sophrony l’Athonite.

 

Saint Sophrony L'Athonite.

    Je désire vous parler maintenant un peu du jeûne. Combien de fois n'avons-nous pas dit qu'il ne dépend que de nous d'introduire dans nos actions, dans nos paroles, tel ou tel sens. Comment et que pouvons-nous faire pour transformer ce "carême terrifiant" en "carême inspirant"?

Lorsque le moine va à la rencontre du grand Carême avec enthousiasme, celui-ci passe vraiment comme une période d'inspiration, de préparation pour recevoir la lumière de la Résurrection. Mais si l'homme est rempli de peur, il peut nuire à sa santé en jeûnant, et le jeûne sera pour lui un tourment.

Nous devons restaurer l'image de Dieu en nous.

Que chacun de vous arrête son esprit, son intelligence sur quelque image sainte qui puisse l'inspirer. Je vous mentionnerai quelques pensées qui me furent précieuses dans ce sens.

Qu'ai-je observé dans la vie du monde, du monde des hommes et, en général, du monde du règne animal?. Que seul l'homme est capable de se contrôler par l'abstinence lorsque de la nourriture se trouve devant lui. Arrêtez-vous sur cette pensée: seul l'homme, qui a reçu l'esprit comme image du Dieu éternel, est capable de créer du nouveau. Ainsi donc, si nous nous abstenons de nourriture ou de sommeil ou encore de quelque chose d'autre, tout cela contribuera à restaurer en nous ce qui appartient à l'image de Dieu. Purifier notre image de Dieu, obscurcie par le péché, - voilà l'effort qui nous attend. Lorsque nous aurons cette pensée, notre abstinence ne sera pas privée de sens. C'est là la grande tâche que notre vie monastique nous assigne: ressembler au Christ qui, en assumant la condition humaine, manifesta sa divinité.

Saturday, February 6, 2021

Suivre le Christ.
Saint Sophrony l’Athonite.

             

Fresque de la Présentation du Seigneur au temple.
Osios Loukas. Grèce.

Avec notre Dieu, tout est "à l'envers", "sens dessus dessous": la manière de penser du monde ne s'applique pas à la vie chrétienne.

Plus nous sommes attentifs à tout ce qui traverse notre esprit et pénètre dans notre cœur, mieux il nous faut connaître la voie menant à l'entrée du "sanctuaire de Dieu". Or, plus nous sommes attentifs, et plus nous avons l'impression que non seulement nous ne progressons pas spirituellement, mais que, bien au contraire, nous devenons toujours pires.

Quel paradoxe.!.. Plus grand est notre progrès, et plus nous sommes conscients de notre nullité. Ainsi, nous ne voyons pas de progrès dans notre vie ici: les années passent, et l'on se voit toujours le même, encore pire qu'avant.!.. Voilà pourquoi il nous faut connaître la voie jusqu'au bout.

Il y a dans ce livre génial, "Klimax" (L'Echelle), de saint Jean Climaque, un passage que je voudrais vous faire lire.Il s'agit d'un extrait de la Lettre au Pasteur.

"C'est de force spirituelle, vénérable Père, que nous avons besoin avant tout, afin que nous puissions prendre par la main et délivrer de la foule des pensées ceux que nous avons essayé d'introduire dans le Saint des Saints, et à qui nous avons entrepris de montrer le Christ reposant sur la Table mystique et sacrée, quand nous les verrons tourmentés et affligés par la foule des pensées qui veulent les arrêter, surtout quand ils sont sur le seuil, devant l'entrée.

Saturday, January 23, 2021

La prière, victoire sur la tragédie.
Saint Sophrony l’Athonite.

 

    
    C'est dans ma jeunesse que j'ai rencontré pour la première fois la notion de tragédie. Non dans mon expérience de la vie, mais dans mes lectures. Je la concevais comme quelque chose qui se présente à l'esprit de l'homme et le captive totalement. Jadis, cet objet d'attraction s'appelait «idéal». Pour atteindre ce qu'il a saisi intuitivement, l'homme est prêt à tous les efforts, à tous les sacrifices, même jusqu'à risquer sa vie. Cependant, lorsqu'il parvient au but, une cruelle déception l'attend: la réalité ne correspond pas à ce qu'il avait entrevu. La désillusion qui s'ensuit naturellement blesse son esprit, et tout se termine par une mort douloureuse et bien souvent odieuse.

Divers idéaux se présentent aux hommes forts. Souvent, c'est la soif du pouvoir, comme ce fut le cas de Boris Godounov. Dans la lutte pour réaliser sa secrète ambition, suivant l'exemple de ses nombreux prédécesseurs au cours des âges, il n'hésita pas à verser le sang. Mais lorsqu'il arriva à ses fins, il réalisa qu'il n'avait pas obtenu ce qu'il espérait : «je suis parvenu au pouvoir suprême, mais mon âme ne connaît pas le bonheur».

Saturday, January 2, 2021

La Lumière de Vie.
Saint Sophrony l’Athonite.

          

Saint Sophrony l'Athonite.
    La Lumière du Christ est «énergie» de la Divinité, vie incréée et sans commencement du Dieu-Trinité. Cette énergie-acte est propre au Père et à l'Esprit saint. Dans cette Lumière, nous connaissons le Père, l'Esprit saint et le Fils monogène. Lorsque - par le bon vouloir du Père - cette Lumière nous illumine, le principe hypostatique qui est en nous à l'état potentiel de par notre naissance, s'actualise et devient capable de «voir» Dieu (voir Mt 5, 8), de recevoir la force essentielle, la richesse de la vie de Dieu lui-même. Sur terre, l'homme ne peut contenir l'absolue perfection de la Divinité; mais comme le Saint- Esprit agit en lui, il se reconnaît lié à Celui qui est en vérité le Créateur de toute vie et le centre unique de tout ce qui existe.

Encore et encore, parlons de cette Lumière de vie que les ténèbres du non-être ne peuvent engloutir (voir In l , 5). Je ne vis pas par moi-même: je suis tout entier tourné vers Celui que j'aime. Il m'a donné la vie, Il est ma vie. S'il en est ainsi, que suis-je donc.?..

Saturday, December 26, 2020

l'incarnation est le fondement de notre vie spirituelle.
Saint Sophrony l’Athonite.

 

Saint Sophrony L'Athonite
Artiste inconnu - tiré du site Roumain
ICOANA - Mănăstirea Essex
    A l’origine de la vie chrétienne se trouve le fait de l'incarnation de Dieu. C'est dans notre chair, créée par Lui, qu'Il a manifesté sa perfection d'avant les siècles. Nous disposons, grâce à cela, d'un critère concret nous permettant de mesurer à quel point nous nous sommes éloignés de Lui ou, au contraire, de combien nous nous rapprochons de Son Être éternel. Quand nous Lui ressemblons par les mouvements intérieurs de notre cœur, par notre manière de penser et nos réaction à l’égard de tout ce qui nous arrive sur le plan terrestre, nous Lui devenons semblables aussi dans sa divinité. C’est décrit avec une clarté suffisante dans les Évangile, et l'expérience de la vie en Christ est exposée dans les épîtres des apôtres. Ses commandements sont la Lumière incréée ; en Elle, Il se révèle « tel qu'Il est »  (1 Jn 3, 2).

Saturday, August 8, 2020

Au Liban, nous sommes crucifiés!.
Archimandrite Touma Bitar.

     Réunis au monastère Saint Jean-Baptiste Essex, Maldon, en Angleterre, avec Saint Sophrony et sa communauté monastique, Père Touma(Bitar) et Mère Mariam(Zacca) se préparaient pour leur profession monastique “pour retourner au Liban et commencer le renouveau du monachisme au Liban”. Nous présentons ci-dessus le discours présenté par Père Touma le Lundi 30 Juillet 1990; qui semble décrire la situation actuelle au Liban “toujours crucifié”.

 

Vous vous souvenez tous, sans doute de certains détails de la Transfiguration de notre Seigneur ...

Lorsque notre Seigneur fut transfiguré sur le Thabor, les trois disciples qui étaient montés avec Lui, Lui dirent, à leur façon, bien entendu, car ils ne comprenaient pas ce qui allait se passer- ils étaient comme des enfants, et dans une certaine mesure un peu stupides - ils Lui dirent: « Il est bon d'être ici Seigneur. Nous allons construire une tente pour Toi, et une pour Moïse, et une pour Elie. » Ils ne savaient pas vraiment ce qu'ils disaient. Mais Lui savait très bien, car notre Seigneur savait dès le début d'où Il était venu et où Il était en train d'aller. Ayant vu Sa Lumière, et plus tard, quand ils L'ont vu ressuscité d'entre les morts, ils s'aperçurent que, oui, « il est vraiment bon d'être ici», il est bon d'être dans la Jérusalem céleste. Il n'en est pas moins vrai que Pierre et la plupart des Apôtres seront crucifiés par la suite.

Mais il me semble que la croix nous est donnée non pas en tant qu'adultes, mais en tant qu'enfants. Et si nous réfléchissons trop, si notre comportement est trop adulte, nous n'assumerons jamais cette croix, et par conséquent, nous n'atteindrons jamais à la résurrection afin d'y participer. Et c'est pour cela que nous sommes ici en tant qu'enfants. Nous ne comprenons pas exactement ce qui se passe, ni ce qui se passera. Mais nous ressentons qu'il est bon d'être ici, et il sera bon d'être là où nous serons.

« Vous ne pouvez descendre de la croix vous-mêmes. 

L'explosion du port de Beirut. 4 Août 2020.
“L'enfer est grand ouvert devant ce monde, notre monde”
        Nous ne pensons pas spécialement à la croix. [Au Liban], nous y avons été crucifiés pendant une quinzaine d'années. Je disais à certains d'entre nos amis ici combien il est facile de parler de ce qui se passe au Liban, mais à vrai dire cela va au- delà de la tragédie. Je dirai même que c'est l'enfer. L'enfer est grand ouvert devant ce monde, notre monde, et il essaie d'avaler très rapidement et d'une façon anormale tous ceux qui appartiennent au Christ, qui appartiennent à la Vérité, toutes ces brebis que l'on traîne chaque jour à l'abattoir. Oui; nous sommes habitués à une sorte de croix, à la Croix, à notre croix. Nous mourons chaque jour et nous acceptons chaque jour de mourir. Nous voyons chaque jour la mort de nos propres yeux. Et il n'y a pour cela, aucune raison du tout. En effet, personne ne sait vraiment ce qui se passe au Liban. Personne ne saurait expliquer ce qui s'y passe. Et à moins que nous voyions cette affaire à la lumière de l'Évangile, à la Lumière de notre Seigneur, nous ne comprendrons jamais rien. Et à tous ceux qui viennent nous demander une explication ou qui voudraient savoir s'ils feraient mieux de rester sur place ou de partir, notre réponse est la suivante. «Si vous êtes pour le Christ, il faut rester. Vous ne pouvez descendre de la croix vous-mêmes. Il vous sera donné de descendre. Mais si la Croix du Christ ne vous dit pas grand-chose, partez. Allez, partez du pays. Vous n'êtes pas obligés de souffrir sans raison.»

« La sainteté, c'est la seule chose qui nous reste. »

Ce qui nous préoccupe, et c'est pour cela que nous sommes venus ici, mon Père, c'est tout simplement la sainteté. Notre désir est de devenir saints. Et la sainteté n'est pas si éloignée que ça. Elle a été donnée à tout le monde. Nous nous en approchons peut-être comme des imbéciles, ou peut­ être comme des idiots, ou peut-être comme des enfants. Mais nous voulons nous en emparer de force, puisque c'est la seule chose qui nous reste au monde. Nous n'avons plus rien. On parle du désert et de la vie monastique. Le Liban tout entier est un désert. Et tous ceux qui y restent sont passés comme par une sorte d'«ascétisation »forcée par la main de Dieu, car le désir de Dieu pour ce monde est qu'il devienne un monde de saints. S'il est probable que beaucoup risquent d'être brûlés par le feu, il y en a également qui y seront purifiés. Et c'est précisément pour cela que nous sommes ici, et c'est pour cela que nous retournons au Liban.

 

 

Référence :

Parole à la communauté. Archimandrite Sophrony. Pâques2004. N*51 .

 

Saturday, July 11, 2020

L’humilité : chez les Saints Silouane et Sophrony.
Mère Mariam Zacca.


Mère Mariam Zacca, Higoumène
 du monastère
Saint Jean-Baptiste. Douma. Liban.
Abba Antoine (saint Antoine le Grand) a dit : « J'ai vu tous les filets de l'Ennemi éten­dus sur la terre et je me disais en gémissant:"Qui pourrait passer au travers ?". J'enten­dis une voix qui me disait: "L'humilité" ».
Le Seigneur a dit dans son Évangile: «Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau. C'est moi qui vous soulagerai. Prenez sur vous mon joug et mettez-vous à mon école; je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du soulagement pour votre être, car mon joug est agréable et mon fardeau est léger.» (Matthieu 11, 28-30)
C'est ce que notre Dieu Sauveur fait: «Il se mit alors à invectiver les villes où il avait fait la plupart de ses miracles; parce qu'elles n'avaient pas fut pénitence.» (Matthieu 11,20)
«Mais le Seigneur eut pitié de moi et m'enseigna lui-même comment il faut s'humilier : "Tiens ton esprit en enfer, et ne désespère pas." C'est ainsi qu'on triomphe des ennemis. Ainsi l'âme connaît par expérience les ravages causés par l'orgueil...» (Starets Silouane, p. 279). «C'est l'âme malade et orgueilleuse; mais l'âme en bonne santé aime l'humilité, comme le Saint-Esprit le lui a ap­pris, et si elle ne connaît pas encore cette humilité, elle s'estime pire que tous.» (Sta­rets Silouane, p. 280).