Père Elias Morcos…

Comme il est difficile de parler d’un père!
Aux jugements pondérés se mêlent alors les émotions, les souvenirs et surtout
la reconnaissance d’avoir été engendré. Aussi loin que me porte ma mémoire, à
partir de ce jour béni où, dans et par le Mouvement de la Jeunesse Orthodoxe,
je me suis reconverti à l’Eglise, je trouve le Père Elias intimement lié à mon
cheminement spirituel, comme il l’a été pour un grand nombre d’autres, jeunes
et moins jeunes.
Issu d’un milieu bourgeois de Lattakieh, très cultivé et d’une finesse intellectuelle rare, il avait été l’un des premiers à appeler, avec d’autres jeunes Lattakiotes, dont Gabriel Saadé, à la formation d’un mouvement de renouveau, au sein de l’Église d’Antioche, alors somnolente. Il fut toujours convaincu – et sa vie le prouva amplement – que ce renouveau commence par le retour à Dieu de chacun des membres de l’Eglise. Un retour qui fait sortir de soi, engage à porter sa croix et invite à un engagement existentiel. Ce mouvement, qu’il appelait Mouvement de Renaissance, devint par la suite le Mouvement de la Jeunesse Orthodoxe, officiellement fondé en 1942, quand sa vision se retrouva avec celle d’autres jeunes, Libanais cette fois, qu’il ne connaissait pas alors, Georges Khodr et Albert Laham, nourrissant le même rêve. Cette concomitance et la rencontre de ces jeunes ne fut certes pas fortuite. Elle fut l’œuvre de l’Esprit, dont la présence a tant de fois marqué la vie du Père Elias.

