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| «le monachisme est la plénitude de la vie» |
En nous tournant maintenant vers le monachisme, - j'entends le vrai
monachisme-, c'est précisément cet amour pour les autres que les communautés
religieuses sont destinées à réaliser par cette révélation de l'amour mutuel.
En effet, dans le monachisme, cette image de Dieu, - l'amour en relation -, est
d'une certaine manière mené à sa perfection, jusqu'à la plus extrême étendue
possible. Nous sacrifions tout à la réalisation de ce but: apprendre à aimer.
C'est pourquoi tous les vœux monastiques sont des vœux de renoncement à soi:
renoncement à soi pour l'amour
de Dieu et des autres. C'est l'autre, celui que j'aime, mon frère et ma
sœur, qui m'importe, pas moi, pas mon ego. Nous apprenons à nous oublier nous-mêmes,
jusqu'à déplacer toute notre attention vers les autres. C'est pourquoi l'amour
implique toujours un sacrifice: plus le sacrifice est grand, plus l'amour est
fort.
Ainsi, pour le Père Sophrony, le renoncement et les vœux monastiques étaient non quelque chose de négatif et de pénible, mais le grand don et la joyeuse expression de l'amour. Dans une lettre à Balfour, le Père Sophrony affirme: «le monachisme est la plénitude de la vie.» Personne ne niera que le bonheur et le vrai sens de la vie se trouvent dans le service des autres. Ce mouvement, - se quitter soi-même pour aller vers les autres-, est le véritable fondement de l'existence. Cela signifie que la conversion existentielle vers l'Autre/ les autres (Jean 13, 34) constitue le véritable fondement de l'être authentique.






